À Castelnau-le-Lez, la démocratie participative attendra. Lors du conseil municipal du 29 juin, le maire Julien Miro a écarté de l’ordre du jour les vœux déposés par Ici et Ensemble. L’opposition proposait notamment une commission extra-municipale pour associer les habitants aux choix d’équipements publics du quartier Eurêka, dont la future école.
Une porte fermée aux citoyens, tandis qu’une autre s’ouvrait à un cabinet privé. La ville a engagé 25 200 euros pour un « audit stratégique de début de mandat ». Une dépense que les trois élus d’Ici et Ensemble, Alexia Laforge, Richard Corvaisier et Thibault Rouet, dénoncent comme un curieux substitut au débat politique.
« Nous demandons l’arrêt du recours à des cabinets de conseil et l’installation d’une gouvernance transparente, ouverte aux propositions et au service de l’intérêt général », attaque Richard Corvaisier.
Majorité Miro : « fake news », circulez, il n’y a rien à débattre
La majorité récuse cette approche. François Brothier a dénoncé une « fake news », présentant la mission comme un simple état des lieux. Mais le document cité par l’opposition semble aller sensiblement plus loin. Il porte sur les services aux usagers, la stratégie immobilière, les ressources humaines, mais aussi sur les orientations politiques du mandat.
Le contrat indique même que « la nouvelle équipe ne dispose pas encore d’un projet de mandat entièrement formalisé » et prévoit d’aboutir à des « choix politiques qui arrêtent les orientations ». Tarifs et offre associative peuvent également être « retravaillés ».
Nouveau paradoxe Miro à Castelnau-le-Lez
Pour Alexia Laforge, l’affaire se pose ainsi : pourquoi refuser une instance de concertation avec les habitants tout en payant un prestataire extérieur pour participer à la définition des priorités municipales ? Thibault Rouet pointe, lui, une méthode : lorsque l’opposition produit des documents embarrassants, la réponse politique se résume trop souvent au procès en « fake news ».
« Face à des faits documentés, la majorité préfère hurler encore une fois à la fake news plutôt que d’assumer ses choix », conclut Richard Corvaisier. À Castelnau-le-Lez, le débat sur le début du mandat Miro vient donc de trouver un nouveau paradoxe : la concertation publique est écartée, le conseil privé, lui, est facturé.
