Baisse tendancielle du taux de profit ? Quézaco ?

Baisse tendancielle du taux de profit la bourse ou la vie - Photo - PLURIELLE INFO
Baisse tendancielle du taux de profit la bourse ou la vie - Photo - PLURIELLE INFO

Lorsqu’on explique la progression électorale des partis d’extrême droite par « l’échec des partis traditionnels« , on a juste enfoncé une porte ouverte sur du néant si on ne précise pas de quels partis traditionnels on parle, en quoi ils ont échoué, et pourquoi.

Ces partis « traditionnels », il convient de les nommer. Ce sont la droite, plus ou moins conservatrice, et la social-démocratie, plus ou moins sociale ; ceux qui se refilent le pouvoir comme les rugbymen se passent le ballon ovale depuis 1945 (depuis la mort de Franco en Espagne ou de Salazar au Portugal).

Quel échec ?

En quoi ont-ils échoué ? À améliorer le bien-être de leurs citoyens, à leur assurer au moins le maintien de leur niveau de vie – alors encore moins une amélioration – et une sécurité du lendemain pour eux et leurs descendances. Mais ils n’ont pas échoué à maintenir le taux de profit des entreprises cotées en bourse… Et c’est ce qui explique pourquoi « ils sont en train d’échouer ».

Dans un système économique où les taux de profits doivent – c’est une question de survie pour les entreprises – grimper toujours plus haut et toujours plus vite, alors que le système même dans lequel se réalisent ces profits a tendance, par nature, à les faire baisser (les taux, pas les profits…), il arrive toujours un moment où pour maintenir ces taux, ceux qui détiennent le capital (le capital « mort », car le capital « vivant », c’est nous) n’ont plus de marge de manœuvre à négocier. Ils doivent faire profit de tout bois et ne peuvent plus rien céder dans leur boulimie d’accumulation et de suraccumulation de capital.

La bourse ou la vie

C’est ainsi qu’il arrive toujours un moment, et nous y sommes, où il faut choisir entre la bourse et la vie des populations.
Les droites comme la social-démocratie sont en train d’échouer parce qu’elles refusent de choisir. Ce qui revient toujours à choisir le terme dominant de l’antagonisme : La logique de la bourse… en sacrifiant les besoins de la population.

Ce n’est pas un constat moral : la droite, les sociaux-démocrates, les détenteurs de capitaux ne sont pas des individus plus méchants que vous et moi, ils sont justes prisonniers de la logique de ce système économique, qu’ils pensent souvent le seul possible, où le critère de «gagner plus que son concurrent sous peine de disparaître» surpasse de loin celui de satisfaire les besoins humains, même les plus élémentaires.

Et ce système entraîne toute la société dans ce dogme stupide de recherche d’une croissance infinie dans un monde fini, tel le coureur condamné à accélérer sans cesse pour ne pas se casser la gueule, qui s’épuise pour rien et finit par ne plus savoir ni pourquoi ni vers où il court.

Qu’est-ce que la baisse tendancielle du taux de profit ?

Pour ceux qui n’ont pas – comme les économistes libéraux – étudié Marx, explication un peu technique sur ce qu’est la « baisse tendancielle du taux de profit capitaliste » : Un taux de profit se calcule, comme tous les taux, en divisant le profit réalisé par le capital investi (X100). Les profits une fois réalisés devenant du capital, la tendance est à l’augmentation du terme par lequel on divise par rapport au terme qu’on divise, c’est-à-dire à la baisse du taux de profit. Ce n’est pas politique, c’est de la mathématique de Cours Élementaire.

Donc, pour maintenir ce putain de taux, il n’y a que deux solutions, pas une de plus : augmenter exponentiellement le terme divisé (le profit) ou diminuer la valeur du terme diviseur (le capital suraccumulé).

La première solution finit toujours par s’appeler « surexploitation » (de vous, de moi, de nous, des ressources de la planète et de la société), c’est la solution qui se sert du fascisme pour s’imposer. La deuxième solution se nomme « guerres », c’est la solution de la remise à zéro, du « reset« , comme disent les informaticiens. Les deux peuvent se combiner, mathématiquement et politiquement.

Voilà pourquoi contester ce système économique n’est pas radical, mais urgent et voilà pourquoi décider politiquement de le remplacer par une économie dont la raison d’être ne soit plus l’accumulation stérile de capital, mais la satisfaction des besoins humains n’est pas une utopie, mais une nécessité vitale.

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