Le cinéaste Tony Gatlif est mort mercredi 2 septembre à Arles, à l’âge de 77 ans. Sa famille a annoncé son décès ce vendredi 4 septembre à l’AFP, précisant qu’il était survenu à la suite d’un problème de santé alors qu’il travaillait encore sur un projet de film historique.Né à Alger en 1948, d’un père kabyle et d’une mère gitane, Boualem Dahmani, devenu Tony Gatlif, s’est imposé comme l’un des cinéastes français les plus engagés dans la défense et la représentation de la culture gitane. En près de cinquante ans, il aura réalisé 25 films, mêlant cinéma, musique, exil, liberté et vies marginalisées.
Son œuvre est notamment marquée par Les Princes (1983), Latcho Drom (1993), consacré aux musiques tziganes, et surtout Gadjo Dilo (1997), avec Romain Duris et Rona Hartner, devenu son film le plus célèbre. En 2004, Exils, consacré notamment à la mémoire de l’Algérie et à l’exil, lui avait valu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes.
Très attaché à la Camargue et plus largement à l’Occitanie, Tony Gatlif avait également tourné Gaspard et Robinson près de Sète en 1989 et son dernier film, Ange, sorti en 2025, dans les Pyrénées-Orientales. Il travaillait ces derniers temps sur Oratorio, un projet consacré à la mémoire du camp de Rivesaltes.
Sa famille a salué « sa générosité, sa joie, sa poésie et son amour de la musique », sentiment sans aucun doute partagé par son très large public. Elle lui a souhaité « Latcho Drom », expression tzigane signifiant « Bonne route ».



