Même quand les médias des milliardaires doivent se rendre à l’évidence de la dynamique de campagne imprimée par la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ils se trompent la plupart du temps sur sa raison ou en réduisent la portée.
« On aime ou on n’aime pas, mais au moins c’est clair » constatent un brin dépités les commentateurs officiels de l’actualité, comme si l’échéance de 2027 était une question de goût ou d’affect. Compliqué pour eux en effet de gérer le paradoxe que celui qu’ils avaient tous présenté, à partir de rien, comme la « personnalité la plus détestée des Français » soit celui qui mobilise le plus les foules. Alors, on rapporte ça à son savoir-faire. Oui, il a de la bouteille et de l’expérience. « Tribun hors pair » lui reconnaissent ceux qui ne cessent de le diaboliser, « quel gâchis » soupire, envieux, Raphaël Glucksmann. Mais ce ne sont pas (seulement) les qualités du tribun et l’efficacité du mouvement qu’il a créé qui font la différence avec tous les autres politiciens qui patinent dans leurs luttes intestines et leurs guerres d’ego.
Être en osmose avec la société
Ce qui fait la différence, Jean-Luc Mélenchon le dit lui-même lors de son Moment politique, véritable master class de rentrée, c’est d’être « en osmose » avec ce qui se passe dans le pays : l’exaspération du peuple, ses colères, ses inquiétudes sur l’avenir quand l’état fait la démonstration de son impuissance à accomplir ses missions, le besoin massif de «passer à autre chose».
Cet été, face aux incendies, face à l’incurie et l’imprévoyance de l’État, la société a montré « qu’elle était disponible pour la solidarité », souligne-t-il, tout comme elle est «saoulée» par les polémiques racistes. Dès lors, l’exigence du «Tous ensemble au lieu du chacun pour soi» portée par la France Insoumise et son programme est bien au cœur des choix de société que l’élection présidentielle de 2027 donne la possibilité de faire.
« Il faut faire de tout une occasion de réfléchir »
En réponse aux projets austéritaires portés plus ou moins clairement par l’ensemble des autres candidat·es qui n’ont « aucune vision » alternative à offrir au pays, la candidature insoumise incarne elle tout un espoir de changement capable d’arrêter la fuite en avant du capitalisme financier et de renvoyer l’extrême droite dans les cordes.
La France Insoumise qui se considère avant tout comme un « mouvement d’éducation populaire » a gagné selon Jean-Luc Mélenchon « l’honneur de marcher devant » (sous entendu, devant les autres formations se réclamant de la gauche). C’est une grande responsabilité que le candidat à la présidentielle invite ses partisan·tes à « ne pas gâcher« . « Il faut faire de tout une occasion de réfléchir » invite celui dont chaque buzz a en réalité cet objectif-là, y compris sur des sujets complexes comme la dette, la protection sociale, les violences policières, les enjeux de l’eau, etc. Un buzz non pour « fracturer » comme le prétendent ses rivaux qui n’hésitent pas à caricaturer ses propos, mais pour « réfléchir ». Il recommande au passage : « Pas d’injure, jamais, pas de sexisme, pas d’insulte, nous sommes des gens qui discutons et argumentons […] Ce qui est moche, vulgaire, sale, grossier, c’est l’extrême droite ».
Parler, échanger, convaincre, construire l’avenir en commun partout en faisant appel à l’intelligence, c’est de cette façon que les Insoumis·es affirment vouloir mener leur campagne.
