Qui du jeune maire d’Agde ou de celui de Bézier décrochera la timbale de la plus grosse provocation à caractère raciste ? On se souvient des affiches de Robert Ménard annonçant en 2015 l’invasion des migrants ou prétendant en 2017 que 75% des enfants scolarisés à Béziers étaient musulmans. Aurélien Lopez-Ligori quant à lui stigmatise en pleine saison touristique les jeunes d’origine maghrébine qui s’aventureraient sur les plages de sa commune.
De quoi s’agit-il au juste ? D’une affiche représentant trois jeunes hommes assez typés installés sur la plage avec le texte : «TA CHICHA ET TA MUSIQUE, ON N’EN VEUT PAS, Nos vacances, tu les respectes » avec le montant de l’amende prévue en sanction : 150 euros.
Ces affiches ont été apposées aux abords des plages agathoises. Selon la mairie, l’affiche aurait simplement pour but de communiquer sur un arrêté du maire pris le 2 juillet 2026 or l’interdiction d’utiliser » la chicha, le narguilé ou la pipe à eau » sur les plages existait déjà depuis 2021 (arrêté n° A_AP_2021_0068) et en plus, une loi nationale interdit de fumer depuis le 29 juin 2025, sur les plages bordant des eaux de baignade pendant la saison balnéaire.

Sur les réseaux sociaux, les supporters du maire RN jouent les naïfs : « il n’y a rien de raciste à ça », « c’est juste pour lutter contre les incivilités »… Tandis que d’autres s’indignent de cette interpellation très orientée qui montre clairement du doigt un type de touristes. Et pourquoi ce tutoiement qui n’est pas sans rappeler l’injonction de Nicolas Sarkozy « La France, tu l’aimes ou tu la quittes« . Pourquoi cette représentation racialisante ? Et qui est ce «nous» vindicatif ? Les paisibles vacanciers qui ne fument pas la chicha et n’écoutent pas de musique sur la plage ?? Or à entendre les résidents permanents ou saisonniers du Cap d’Agde, la musique qui perturbe la tranquillité et même le sommeil des vacanciers, ne semble a priori pas trop venir d’écoutes individuelles. L’opposition entre ce « eux » que l’on peut tutoyer et ce « nous » contraint de défendre leurs vacances est lourd de signification.
Le mal est fait : l’image court sur les réseaux
Face à l’indignation exprimée notamment par SOS-Racisme, les services municipaux auraient retiré les affiches en question et les ont remplacées par l’affichage de l’arrêté municipal. Mais comme l’avaient provoqué les images-choc des affiches bitteroires en leur temps, le mal est fait : L’image court sur les réseaux entraînant des commentaires sans fin avec ce qu’il faut de venin pour faire tourner le moulin des petites intolérances et des haines ordinaires dont nombre de politiciens sans envergure ni vision font leurs choux gras.
Une autre image commence, elle, à s’écailler : c’est celle du gentil maire, bien policé et au doux regard bleu… Il exprime les mêmes rengaines que ses aînés et joue sur les mêmes ressorts. Et comme c’est un débutant, sa communication est ridicule en plus d’être répugnante.
Robert Ménard ET SA «connerie»
Peut-être devrait-il échanger avec Robert Ménard qui, cette année, a qualifié rétrospectivement sa campagne anti-immigration de 2015 de «connerie» ! Mais on n’a pas encore entendu ce dernier regretter d’avoir utilisé par deux fois pour sa communication municipale l’image de femmes se faisant assassiner, l’une par strangulation et l’autre attachée sur les rails avec le slogan « avec Le TGV, elle aurait moins souffert ». Espérons que dans cette surenchère communicationnelle, la mairie d’Agde nous épargne de nouvelles horreurs.
