Au cœur de l’été, l’on apprend que la présidente de la société norvégienne Transition Elément devait être reçue par la sous-préfète de l’Hérault pour plaider sa demande de permis exclusif de recherche (PER) de lithium. Le collectif DELIT-Thium et la Confédération paysanne organisent un rassemblement exigeant la transparence jeudi à Lodève.
Quel est ce projet ? La société norvégienne Transition Elements AS, fondée par la géologue Liz Thompson, a déposé en octobre 2023 une demande de Permis exclusif de recherches de mines (PERM), baptisé « permis de Lodève ».
218 km² et 22 communes concernées par la recherche de lithium
Le périmètre en est particulièrement vaste. Il rayonne sur 218 km2 et concerne 22 communes, parmi lesquelles Lodève, Clermont-l’Hérault, Mourèze, Octon, Cabrières, Le Bosc, Saint-Jean-de-la-Blaquière, Bédarieux, etc. Une partie du secteur englobe le Grand Site de France Salagou-Mourèze, ainsi que des espaces Natura 2000 et des territoires viticoles. S’il ne s’agit pas encore de délivrer une autorisation d’exploitation minière, mais seulement de prospection, les riverain·nes sont circonspect·es, voire franchement inquiets ou résolument opposé·es, ce qui explique la prudence de la quasi-totalité des élu·es des communes concernées par le projet, mais aussi celleux du département, de la région, et les député·es des 4e et 5e circonscription.
Transition Elements explique que la première phase consiste à rechercher la présence de lithium « dans des saumures géothermales très profondes, à plusieurs kilomètres sous terre« . Selon sa présentation, il s’agit dans un premier temps de réaliser une cartographie géologique et prélèvements de surface. Elle assure ne pas procéder à cette étape à des forages qui suivront si les premiers sondages se révélaient positifs et qui nécessiteront d’autres types d’autorisation.
L’opposition s’organise
La Confédération paysanne, des associations locales et le collectif DELIT-Thium dénoncent notamment le manque d’information du public, les risques pour la ressource en eau, les conséquences possibles sur l’agriculture (AOP Terrasses du Larzac notamment) et l’incompatibilité du projet avec les politiques de protection des paysages et le projet de Géoparc UNESCO.
Une délégation du collectif a déjà été reçue par le sous-préfet de Lodève afin de demander davantage de transparence sur la procédure. Mais par un communiqué en date du 2 août, le collectif constate n’avoir pas reçu les informations demandées et annonce dans ses conditions son boycott de la réunion préfectorale. Il appelle parallèlement à se rassembler jeudi 6 août à 14 heures devant la sous-préfecture de Lodève.
Deux jours plus tard, la sous-préfecture informe le collectif que la rencontre avec Mme Elizabeth Thompson, présidente de la société norvégienne Transition Elements, qui devait être accompagnée de Mme Emmanuelle Baudia, du bureau d’études en géosciences CVA, partenaire technique, était annulée. Elle conclut « Votre action n’est peut-être plus d’actualité« …Ce qui n’est pas l’avis du collectif DELIT-Thium qui souhaite maintenir la pression sur l’État afin qu’il ne délivre pas le Permis Exclusif de Recherche de Mine, et maintient donc son appel au rassemblement.
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