Les eaux empoisonnées par le profit nuisent à la santé

L'eau et les polluants éternels - Photo - Monthira Wong
L'eau et les polluants éternels - Photo - Monthira Wong

L’eau est un élément essentiel pour le maintien en bonne santé de la population et sa qualité doit être une priorité des politiques publiques. En effet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que l’accès à une eau potable de qualité est un des déterminants les plus importants de la santé publique.

Ainsi, l’accès à une eau de qualité a été un des grands progrès au cours du 20e siècle pour faire reculer des maladies infectieuses, source d’une importante mortalité, en particulier chez les enfants. Aujourd’hui, le problème n’est plus la contamination par des microbes, mais celle par des contaminants chimiques dont la liste s’allonge d’année en année : nitrates, arsenic, plomb, pesticides, microplastiques, perturbateurs endocriniens, PFAS, etc. N’en déplaise à ceux qui nient cette réalité pour privilégier l’économie au détriment de la santé publique, les conséquences sont connues et s’aggravent au fil du temps : augmentation des cancers et baisse de la fertilité.

L’eau doit rester un bien universel

Or nous subissons la marchandisation d’une ressource naturelle qui est et doit rester un bien universel. La France est à l’avant-garde dans cette dérive avec l’entreprise Veolia qui est considérée comme le premier groupe mondial de distribution d’eau dans le monde. Nous sommes également un des pays où la consommation d’eau en bouteilles plastiques est très importante et la France fait partie des plus gros marchés européens, pour le plus grand profit de Nestlé et Danone qui dominent ce secteur.

Ce qui est le plus inquiétant est la collusion entre le monde politique et ces grandes entreprises afin qu’elles puissent développer leur activité en limitant, voire en supprimant, les législations qui ont été mises en place ces dernières années. Le meilleur exemple tout récent est la loi Duplomb, mais elle ne constitue que la partie émergée de l’iceberg de ce qui a été obtenu par les actions de lobbying de ces entreprises prédatrices, tant au niveau mondial que français.

L’eau polluée par le profit génère de nouveaux profits

Pour bien comprendre, il faut mettre en lumière la perversité de la logique capitaliste. L’agriculture et l’industrie polluent l’eau avec de multiples produits chimiques dont la production génère de généreux bénéfices. La baisse de la qualité de l’eau ouvre alors le marché du traitement de l’eau par d’autres entreprises aux intérêts liés. À cela s’ajoute le développement du marché de l’eau embouteillée qui est estimé selon les sources entre 300 et 450 milliards de dollars par an. Ce chiffre est à comparer à celui qui est avancé pour parvenir à un approvisionnement universel en eau potable sur la planète qui est de 150 milliards de dollars, soit la moitié !

Il y a donc urgence à sortir de ce capitalisme du désastre pour faire de l’eau un bien universel à préserver. Pour cela, il faut bloquer toutes les sources de pollution, car la bonne solution en termes de santé publique est de préserver la qualité primitive de l’eau et non pas de nous vendre de soi-disant solutions technologiques pour la rendre de nouveau propre à la consommation. Cela constitue un mensonge, quand notre santé est impactée par des toxiques résiduels, notamment les PFAS et les microplastiques.

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