Journée de Jérusalem : Cause commune et LFI demandent la fin des soutiens publics

Alexia Laforge et Alenka Doulain - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO
Alexia Laforge et Alenka Doulain demandent la fin des soutiens publics et plus de transparence - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO

À la veille de la 49e édition de la « Journée de Jérusalem », organisée dimanche 28 juin au Domaine de Verchant à Castelnau-le-Lez, Cause Commune Montpellier et La France insoumise Castelnau-le-Lez appellent aussi à participer au rassemblement de ce samedi 27 juin à 18 heures devant l’office de tourisme de Montpellier. L’objectif n’est pas d’interdire l’événement, mais d’interpeller les collectivités sur les soutiens publics, symboliques et financiers, qui lui sont accordés.

Les deux élues respectivement de Montpellier et de Castelnau-le-lez, Alenka Doulain et Alexia Laforge, estiment que cette manifestation dépasse largement le cadre culturel dans lequel elle est présentée. Selon elles, la « Journée de Jérusalem » véhicule un message de soutien politique autour d’Israël dans un contexte marqué par la guerre contre Gaza, par la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et les bombardements en Iran et au Liban.

Droit international et résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies

Leur argumentaire s’appuie sur le droit international et plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Elles rappellent notamment les résolutions 242 (1967), 478 (1980) et 2334 (2016), qui constituent une partie du cadre juridique international sur le statut de Jérusalem et l’illégalité des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Elles soulignent également que les Nations unies et de nombreuses organisations internationales documentent depuis plusieurs années les conséquences de l’occupation, des violences contre les civils et de l’expansion des colonies.

Dans ce contexte, les deux élues jugent que les collectivités ne peuvent considérer cet événement comme une simple et anodine manifestation associative. Elles mettent en avant les différents soutiens publics susceptibles d’y être associés : subventions, conventions, mises à disposition de locaux, aides logistiques ou partenariats institutionnels. À leurs yeux, ces dispositifs contribuent matériellement à un événement qui défend une lecture politique du conflit.

Financements publics, transparence complète et moratoire

Alenka Doulain et Alexia Laforge demandent ainsi une transparence complète sur l’ensemble des financements publics liés à cette manifestation. Elles réclament également un moratoire sur tout nouveau soutien public, direct ou indirect, le temps qu’un débat démocratique puisse être organisé sur l’utilisation de l’argent public et sur la nature exacte des partenariats engagés.

De Grammont à Verchant

Les deux élues voient dans le déplacement de la manifestation, autrefois organisée au Domaine de Grammont vers le Domaine de Verchant, la conséquence des mobilisations citoyennes menées ces dernières années. Elles considèrent ce changement de lieu comme le signe que ces événements peuvent être questionnés publiquement.

Le rassemblement de ce samedi entend ainsi porter un message centré sur la responsabilité des collectivités territoriales. Pour Cause commune et LFI, l’enjeu dépasse le seul conflit israélo-palestinien : il concerne la transparence des décisions publiques, le contrôle démocratique des financements et la responsabilité des institutions lorsqu’elles apportent leur soutien à des manifestations qui présentent une dimension politique internationale.

Demande à Delafosse, Mesquida et Delga : retirez vos logos !

Cette initiative des deux élues s’inscrit dans le cadre d’une protestation large et  diversifiée. Il y a une semaine, un appel de 500 citoyens et d’organisation intitulé « pas en notre nom » a été lancé pour exiger le retrait immédiat des logos de la Région Occitanie, du Département de l’Hérault et de la Métropole de Montpellier d’une conférence organisée avec le soutien de l’ambassade d’Israël.

Les initiateurs de cet appel parmi lesquels on trouve la Libre Pensée, le MRAP, l’Union Juive pour la Paix, l’association France Palestine Solidarité ont interpelé directement la présidente de Région, Carole Delga, le président du Département, Kléber Mesquida, et le maire de Montpellier, Michaël Delafosse pour dénoncer la présence des logos de ces collectivités aux côtés de celui de l’ambassade d’Israël. Ils rappellent que cette journée, destinée à soutenir les actions menées par Israël, mentionne dans son programme, en toutes lettres « Deux ans et demie (sic) se sont écoulées… avec ce courage jamais démenti de la population face à l’adversité qui comprenait que le combat mené par leur (re sic) pays [Israël, NDLR] était juste. » Les signataires des courriers aux élu·es concerné·es interrogent : « Alors que des images des massacres à Gaza, au Liban et des exactions commises en Cisjordanie nous parviennent, montrant l’horreur en cours, comment des élus peuvent-ils entraîner leurs collectivités dans un tel soutien à Israël ? »

Dernière minute
La Fédération de la Libre Pensée de l’Hérault informe du retrait du logo de la Mairie de Montpellier de la présentation de la journée de Jérusalem. Elle s’en félicite. Pour elle, « Ce retrait est le résultat non pas de la volonté du Maire, qui soutient Israël depuis le début et organise le harcèlement policier des militants pour la Palestine aux côtés de Carole Delga, mais des 800 militants et organisations qui ont lancé un appel pour l’arrêt du soutien institutionnel. » Elle demande donc maintenant à ce que la Région Occitanie et le département de l’Hérault retirent également leurs logos.

 

 

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