Le parlement européen a adopté ce 16 juin un accord commercial totalement inégal avec les États-Unis. Comme un symbole, se tenait en même temps à Évian un sommet du G7 entièrement recalibré en fonction des exigences du président Donald Trump (exit les questions climatiques, exit la présence de l’Afrique du Sud…) où le couple Macron lui a réservé un accueil chaleureux, en attendant de lui offrir aujourd’hui aux frais des contribuables, un somptueux banquet au château de Versailles.
En préparation depuis un an entre la Commission européenne et l’administration de Donald Trump, cet accord prévoit 15% de droits de douane pour les produits européens entrant aux États-Unis, mais 0% pour les produits états-uniens en Europe. Plus précisément est prévue la suppression ou réduction d’une grande partie des droits de douane européens sur les produits industriels et agricoles américains. L’accord prévoit également des engagements européens d’achats supplémentaires d’énergie américaine qui a déjà largement profité des sanctions économiques imposées à la Russie pour écouler sur le marché européen son gaz de schiste…
Tous les groupes au parlement européen l’ont approuvé, de l’extrême droite aux macronistes, et une grande partie des socialistes (à 89%) et des verts (à 56%). Seul le groupe de la Gauche auquel appartiennent les député·es LFI s’y est opposé fermement et à 100 %. Le texte a été adopté par 440 voix pour, 151 contre.
Le PPE (où siègent notamment les élus LR affiliés au groupe européen) a soutenu le texte ; Renew (où siègent les macronistes) l’a soutenu ; le groupe S&D (où siègent les élus PS–Place publique) l’a également soutenu en prétendant avoir obtenu «des garanties»; et les écologistes se sont divisés sur le vote.
Pour Clémence Guetté, « L’humiliation européenne est totale. Trump, les suprémacistes et les industriels étasuniens peuvent jubiler. » tandis que Jean-Luc Mélenchon constate « l’Union européenne vote sa soumission à l’empire malfaisant des USA …/… Ces votes tracent les frontières de la sincérité à propos des grandes déclarations sur l’indépendance de la France et de l’UE ». Juste avant le vote, Manon Aubry, la co-présidente du groupe de la gauche s’est demandé à la tribune du parlement européen si l’Europe n’était « pas devenue le 51e état des États-Unis« .
[VIDEO] Manon Aubry au parlement européen le 16 juin 2026 :
L’Union européenne vient de s’aplatir devant Trump.
Trump peut menacer le territoire européen, soutenir un État génocidaire et l’UE lui déroule le tapis rouge avec un accord à sa botte.
Fière de présider le seul groupe qui s’y est opposé ! pic.twitter.com/kILRkY8dEB
— Manon Aubry (@ManonAubryFr) June 16, 2026

