Alors que plusieurs départements français connaissent un épisode de fortes chaleurs précoce, les salles de classe deviennent parfois difficilement supportables pour les élèves comme pour les enseignants. Dans certaines écoles, le thermomètre approche déjà les 30°C dès le début d’après-midi. Faute d’équipements adaptés, les équipes éducatives improvisent pour limiter les risques liés à la chaleur.
Faire cours sous les arbres d’un parc municipal pour éviter une salle qui monte à plus de 28°C avant midi. Dans plusieurs établissements, les gestes de survie se répètent : rideaux fermés, récréations écourtées, gourdes obligatoires, jeux d’eau improvisés et ventilation artisanale.
Mais derrière ces adaptations de fortune, beaucoup dénoncent l’état des bâtiments scolaires. À Bondy, une enseignante décrit des préfabriqués transformés en « fournaise », avec des stores défectueux et aucun ventilateur fourni par la mairie. Des parents d’élèves prennent parfois eux-mêmes le relais. À Versailles, des familles ont acheté des ventilateurs pour équiper les classes.
Dans les écoles maternelles, la vigilance est encore plus forte. Les jeunes enfants perçoivent moins les signaux de déshydratation et continuent souvent à courir malgré la chaleur. Des enseignants racontent passer une grande partie de la journée à faire boire les élèves et à les rafraîchir régulièrement.
Le ministère de l’Éducation nationale a diffusé des recommandations : limiter les sorties, fermer les volets, distribuer de l’eau ou encore surveiller les températures dans les salles. Mais plusieurs enseignants soulignent que ces consignes restent difficiles à appliquer sans moyens matériels suffisants.
« L’impréparation et la précipitation règnent toujours au sommet de l’État »
Pour les chercheurs travaillant sur l’adaptation des écoles au réchauffement climatique, les solutions existent pourtant : protections solaires, végétalisation des cours, ventilation nocturne ou systèmes de brumisation. Certains alertent toutefois sur les limites d’une généralisation de la climatisation, coûteuse et énergivore.
Les syndicats enseignants dénoncent de leur côté une impréparation chronique. Le SNES-FSU estime que « l’impréparation et la précipitation règnent toujours au sommet de l’État » face à des épisodes de chaleur appelés à se multiplier avec le changement climatique. Le syndicat réclame de véritables plans d’action dans les établissements scolaires.
Le SNUipp-FSU rappelle quant à lui que les communes ont la responsabilité matérielle des écoles primaires et demande la mise à disposition de ventilateurs ou de solutions de rafraîchissement. Plusieurs sections locales évoquent des enseignants contraints d’improviser des cours sous des préaux ou à l’extérieur faute de bâtiments adaptés.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a assuré ce mardi sur BFMTV qu’« à ce stade », il n’était « pas envisagé » de fermer des classes ni de reporter les épreuves du baccalauréat malgré les températures annoncées. Il a toutefois reconnu que des décisions locales pourraient être prises par les préfets si la situation empirait. « Les centres d’examen pourront choisir les salles les moins exposées », a-t-il précisé.

