Trains : la LNMP, ligne de tous les dangers ?
Grâce au conseil de l’agglo du 23 avril 2026, la question n’est plus seulement de savoir comment se feront les forages d’Issanka pour vérifier si la ligne LGV peut passer sur cette source, mais s’ils peuvent exister sans réouverture réelle du débat politique.
Mais à voir l’article dans la presse papier locale avec la photo du président de SAM et la titraille suivante : Loïc Linarès, Sète agglopole « forages : il n’y a pas de danger », on a presque envie de recommander un pastis, sans trop le noyer d’une eau si rare, même si en tant qu’administré on se sent complètement rassuré.

La machine LNMP (Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan) poursuivait sa route, portée par l’État, la SNCF et la Région Occitanie. Mais ce jeudi, au conseil communautaire de Sète Agglopôle, quelque chose s’est fissuré.
Le sujet : l’arrêté préfectoral du 8 avril 2026 autorisant des investigations géotechniques sur le périmètre protégé du captage d’Issanka, la ressource qui alimente Sète en eau potable. Jusqu’ici traité comme une étape technique du futur viaduc de Poussan, le dossier est devenu un problème politique que beaucoup d’élu·es ont trop tendance à minimiser. Cette fois, l’exécutif communautaire n’a plus pu se contenter de la communication de maîtrise d’ouvrage.
Loin du « toit calcaire »
Dans le Midi Libre, le président socialiste de Sète Agglopôle, Loïc Linarès, connaissait bien ses éléments de langage : « nos experts, nos ingénieurs, nous disent qu’il n’y a pas de risque ». Il y affirmait que les forages prévus ne descendraient qu’à 16 mètres, loin du « toit calcaire » protégeant la ressource en eau. Une parole destinée à rassurer et à maintenir la ligne politique suivie depuis des mois : accompagner le projet LNMP tout en donnant des gages de vigilance environnementale.
La majorité communautaire doit d’un côté, ne pas entrer en conflit frontal avec la Région et la SNCF et de l’autre, répondre à une inquiétude locale qui monte à mesure que le projet se précise. Une position d’autant plus délicate que la LNMP est un marqueur politique fort de la majorité régionale de Carole Delga, dont Loïc Linarès reste un allié territorial.
Conseil communautaire : malaise et verrou politique
Le vœu adopté jeudi et proposé par les élu·es de la ville de Sète n’est pas une simple anecdote. Il ne se limite pas à réclamer « la transparence ». Même si ce vœu sur Issanka n’a pas de portée juridique immédiate, il constitue un véritable verrou politique dans un dossier jusque-là conduit selon une logique descendante. En demandant officiellement « la suspension de toutes interventions ou travaux » liés aux forages autorisés par la préfète, les élu·es communautaires créent un rapport de force inédit face à la SNCF et à l’État.
Le vœu pose l’obligation de partager enfin les études et avis techniques jusqu’ici peu accessibles aux élu·es comme à la population. Le texte ouvre la voie à un groupe de travail pluraliste capable, si nécessaire, d’engager un recours contre l’arrêté préfectoral avant le 5 juin.
Laura Seguin a résumé l’enjeu : « ce groupe de travail ne doit pas être une simple formalité. » La conseillère d’opposition a surtout déplacé le débat en affirmant que « rien n’est immuable tant qu’il est encore temps » concernant le tracé de la LNMP. Et d’avertir : « Si les conclusions montrent un risque pour la ressource en eau ou même trop d’incertitude, alors il faudra avoir le courage de faire un recours. » Bref ! C’est un coup d’arrêt politique. Pas juridique à ce stade, mais politique.
Loïc Linarès a tenté de reprendre la main en plaidant pour « une démarche ouverte » et un « accès aux informations ». Mais son intervention a aussi révélé le déséquilibre réel du rapport de force. « Nous subissons une démarche puissante d’un groupe comme la SNCF sur un projet qui part directement du bureau du Premier ministre », a-t-il reconnu.

