Que n’inventerait pas l’ancien premier ministre et actuel président du groupe macroniste à l’Assemblée nationale, Gabriel Attal, pour se distinguer dans la course présidentielle 2027 ? Archétype du politicien arriviste, passé du PS tendance DSK au « travaillez plus pour gagner pas grand-chose » de Sarkozy, il est l’incarnation de l’agonie du macronisme.
En quelques semaines, le politicien aux dents longues s’est manifesté en de bien basses besognes. Déjà, il fait partie des soutiens de la scandaleuse loi Yadan contre laquelle plus de 700 000 personnes ont signé une pétition que l’assemblée vient de jeter au panier.
Ensuite, il a lancé une opération de communication parfaitement démagogique instrumentalisant les boulangers et fleuristes du pays pour tenter un coup de force contre le droit au repos le 1er mai par une belle pirouette parlementaire : voter contre son propre texte pour en renvoyer l’examen à une commission mixte (AN et Sénat) restreinte où la droite est majoritaire. Il a réussi à courroucer son propre camp. Marc Fesneau, le patron des députés MoDem, a constaté : « L’usage qui a été fait de la motion de rejet par les propres défenseurs du texte s’apparente à un auto 49.3, où l’on refuse de débattre et l’on empêche les députés de faire leur travail ».
Heureusement, peu désireux d’exposer son poste et son gouvernement au risque d’une motion de censure, le 1er ministre a dû renoncer à convoquer cette commission destinée à étendre les possibilités de faire travailler des salariés le 1er mai ( personne ne pouvant croire à la fable du « volontariat » dans le cadre de cette relation forcément contrainte et déséquilibrée), non pas au bénéfice de quelques boulangers, mais plutôt des grands groupes et chaînes qui n’attendent que cela pour pressurer davantage leurs employé.es et abattre les derniers symboles des conquis ouvriers.
À présent, Gabriel Attal vient de perpétrer une nouvelle fourberie : empêcher la mise à l’ordre du jour de l’assemblée de la proposition de loi « Bétharram ». Cette proposition transpartisane portée par l’insoumis Paul Vannier et la macroniste Violette Spillebout est pourtant soutenue par 150 député.es. Issue du rapport de la commission d’enquête parlementaire « sur les modalités du contrôle par l’État et la prévention des violences dans les établissements scolaires » et de ses 50 préconisations, elle vise à « reconnaître et accompagner les victimes, mieux prévenir les violences en milieu scolaire, et « renforcer les contrôles pour protéger les élèves, quel que soit le type d’établissement, public, privé sous contrat, privé hors contrat« . La droite et l’extrême droite se sont farouchement opposées à son inscription à l’ordre du jour. Au nom du groupe Ensemble pour la République, Gabriel Attal s’est abstenu, arguant du fait que cette proposition serait présentée par son groupe le 1er juin. Problème : une proposition transpartisane bénéficie de 24 heures de débat alors que ce temps est réduit à 6h30 quand elle est présentée dans le cadre d’une niche de groupe.
Une seule issue possible pour que la loi Bétharram puisse être examinée dans le temps nécessaire serait que ce soit le gouvernement lui-même qui présente le projet. C’est d’ailleurs ce que n’a pas hésité à faire le gouvernement Lecornu pour imposer jeudi 16 avril l’examen de la dangereuse loi Yadan, contestée par des centaines de milliers de Français·es, toutes les associations de défense des libertés publiques et par les plus éminents juristes.
Ce que le gouvernement Lecornu est donc capable de faire pour sanctionner toute critique d’un état génocidaire, ne peut-il le faire pour protéger des milliers d’enfants exposés aux violences dans le cadre scolaire ?

