À Canterbury, dans le sud-est de l’Angleterre, une campagne de vaccination massive a été déclenchée à la mi-mars après une série de cas de méningite ayant provoqué deux décès chez des jeunes. L’université du Kent, identifiée comme un foyer de diffusion, a été transformée en centre de vaccination pour contenir l’épidémie.
Une maladie rare, mais fulgurante. La méningite à méningocoque est une infection bactérienne grave. Elle peut provoquer une inflammation des membranes entourant le cerveau ou une septicémie. Sans traitement rapide, l’évolution peut être fatale en moins de 24 heures. Les principaux symptômes sont : forte fièvre, maux de tête intenses, raideur de la nuque, vomissements, taches violacées sur la peau. La transmission se fait par les gouttelettes de salive, lors de contacts rapprochés et prolongés.
Une propagation jugée « inhabituelle »
Les autorités britanniques évoquent une diffusion rapide, possiblement liée à un « super-propagateur », c’est-à-dire une personne ayant contaminé un grand nombre d’individus. Plusieurs cas ont été recensés autour du campus universitaire. Selon l’agence britannique de sécurité sanitaire, les infections à méningocoque B ont presque doublé en quelques années, passant de 205 cas en 2021-2022 à environ 400 en 2024-2025.
Pourquoi vacciner en urgence
Le vaccin contre le méningocoque B (MenB) existe, mais il n’est proposé systématiquement au Royaume-Uni que depuis 2015 pour les nourrissons. De nombreux étudiants et jeunes adultes ne sont donc pas protégés. Face à cette faille, les autorités ont lancé une vaccination ciblée : étudiants, personnels universitaires et contacts à risque. En parallèle, des antibiotiques préventifs sont proposés aux personnes exposées.
Quelle situation en France ?
Un cas lié à ce foyer a été identifié en France chez une personne ayant fréquenté l’université du Kent. Le patient est hospitalisé dans un état stable, selon le centre de crises sanitaires (ministère de la Santé, 19 mars 2026). Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques (A, B, C, W, Y) est devenue obligatoire pour les nourrissons en France, et recommandée jusqu’à 24 ans.
Un enjeu de santé publique
Pour les infectiologues, la priorité reste la prévention. « La méningite bactérienne à méningocoques est une infection gravissime qui nécessite une prise en charge en urgence », rappelle Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue de l’hôpital Bichat. La stratégie d’urgence reste : identifier rapidement les cas, traiter les contacts et vacciner largement pour éviter de nouveaux décès.

