Une étude commandée par Sète agglopôle méditerranée à l’été 2025 mettrait sérieusement en doute la cohérence du projet de Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP). Selon un communiqué diffusé par l’association Alerte LGV Thau, ce travail d’expertise indépendant n’a jamais été rendu public alors qu’il confirmerait de nombreuses critiques formulées depuis plusieurs années par les opposants au projet.
D’après l’association, le rapport souligne notamment « la faible cohérence » de l’infrastructure et remettrait en cause plusieurs promesses avancées par la SNCF. Les conclusions évoqueraient des coûts élevés pour les finances publiques, une réponse jugée insuffisante aux besoins de mobilité des habitants du bassin de Thau et des impacts environnementaux jugés « nombreux, graves et irréversibles » pour le territoire.
Le projet de Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan doit compléter le corridor ferroviaire méditerranéen entre la France et l’Espagne. Long d’environ 150 kilomètres, il doit permettre d’améliorer la circulation des trains à grande vitesse et de relier à terme Paris à Barcelone en réduisant les temps de trajet. Le coût total de l’infrastructure est estimé à environ 6 milliards d’euros, avec une première phase entre Montpellier et Béziers envisagée pour une mise en service autour de 2034.
Les ressources en eau, en danger
Dans le bassin de Thau, l’opposition locale s’est structurée progressivement autour d’associations, de collectifs citoyens et de certains élus. Plusieurs mobilisations ont été organisées depuis 2024 et 2025 pour dénoncer les effets du projet sur les ressources en eau, les milieux naturels et l’économie locale.
Les inquiétudes sont grandissantes quant au passage de la future ligne à proximité du captage stratégique d’Issanka, qui alimente en eau potable une grande partie du territoire. Des opposants craignent également l’impact d’infrastructures lourdes comme un viaduc prévu près de l’étang de Thau ainsi qu’une possible diminution de la desserte TGV des gares de Sète et d’Agde.
Ces critiques s’inscrivent dans un débat plus large sur l’utilité des nouvelles lignes à grande vitesse (LGV). Certains spécialistes rappellent que l’argument de saturation du réseau existant est contesté et qu’une modernisation des lignes actuelles pourrait, selon eux, répondre à une partie des besoins de mobilité.
Lire aussi
Les menaces du projet LGV viennent perturber la dernière ligne droite de la campagne des municipales
Appel à une révision du projet, transparence sur les études
Dans son communiqué, Alerte LGV Thau appelle désormais les élus d’occitanie et du bassin de Thau à refuser le financement du projet « en l’état ». L’association demande une révision complète du dossier afin d’en réduire le coût, d’intégrer davantage les besoins de déplacement des habitants et de préserver les équilibres écologiques du territoire.
Elle réclame également une transparence totale sur les études réalisées, dont celle présentée au bureau communautaire de Sète agglopôle le 2 octobre 2025, estimant que les habitants doivent pouvoir accéder à toutes les informations avant toute décision définitive. Pour les opposants, la question dépasse désormais le simple tracé d’une ligne ferroviaire : elle interroge le modèle d’aménagement du territoire et les choix d’investissement public dans un contexte de transition écologique et de changement climatique.

