Action anti-SUV : Extinction Rebellion Montpellier poursuivi par Renault

Tribunal judiciaire de Montpellier - Photo - PLURIELLE INFO
Tribunal judiciaire de Montpellier - Photo - PLURIELLE INFO

Cinq militants du collectif Extension Rébellion comparaîtront lundi 9 Mars devant le tribunal judiciaire de Montpellier suite à une plainte déposée par le concessionnaire Renault (NGM) du quartier Près d’Arènes à Montpellier. Motif ? ils ont tagué un mur et quelques voitures dans le but de « visibiliser l’impact social et climatique des SUV« . Le concessionnaire réclame 48 616,41 euros de dommages et Interêts. « C’est cher payé pour de la peinture« 

Plaidant le « droit d’utiliser des moyens créatif pour dénoncer l’impunité de l’entreprise Renault », Extinction Rébellion retourne l’accusation. Dans un communiqué, il rappelle que les SUV représentent aujourd’hui 1 voiture sur 2 vendue en France, la 2ème source de croissance d’émission de CO2, 15% de consommation de plus qu’une voiture ordinaire. De surcroît, ils sont 20 % plus polluant et 2 fois plus mortel qu’un véhicule classique.

Le collectif indique que les SUV électriques nécessitent 5 fois plus de métaux critiques. Selon lui et le magazine Reporterre « Renault est impliqué dans un scandale écologique et social au Maroc où des mineurs en sous-traitance travaillent sans protection respiratoire, exposés aux poussières du minerai et des explosifs. Certains présentent des maladies de peau typiques de l’intoxication à l’arsenic, d’autres souffrent de silicose sans que leur maladie professionnelle ne puisse être reconnue ». Les riverains, dont une vingtaine d’enfants, respirent quotidiennement des poussières d’arsenic issues des montagnes de résidus entassés à côté de la mine. Déjà en 2017, le constructeur Renault se fournissait auprès de mines en République Démocratique du Congo où travaillent des enfants. Épinglé par Amnesty International, l’entreprise a dû changé ses pratiques sous la pression en 2019.

L’entreprise Renault joue donc un rôle clé dans la prolifération des SUV en étant le deuxième plus gros vendeur de SUV en France (1 million de SUV mis sur le marché entre 2019 et 2023). « Derrière cette production, un moyen d’augmenter les profits : le coût de production d’un SUV est similaire à celui d’une citadine mais est vendu en moyenne 50% plus cher ! Des profits qui n’empêchent pas les délocalisations et les suppressions d’emplois » constate Extinction Rébellion.

Il parait évident que ces quelques coups de peinture (lavable à l’eau précisent les militants) ne pèse pas beaucoup à côté des dégâts matériels et humains causés par les SUV, de leur fabrication à leur utilisation. Pour le collectif, « la justice française se prononcera […] soit en faveur de la liberté d’expression et de la justice sociale, climatique en reconnaissant l’état de nécessité, soit en faveur d’une entreprise néocoloniale, antisociale et climaticide. »

Pour se défendre devant la justice de cette demande qu’il qualifie de « hors-sol de la part de Renault », le collectif lance une cagnotte en ligne : et invite ses soutiens à venir devant le tribunal à 8H30. Il n’est pas exclu que ce procès puisse avoir un puissant effet boomerang.

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