Municipales 2026 à Montpellier, Philippe Saurel : « la sécurité, c’est une affaire d’équipe »

Philippe Saurel « la sécurité, c’est une affaire d’équipe » - Photo - JPV PLURIELLE INFO
Philippe Saurel « la sécurité, c’est une affaire d’équipe » - Photo - JPV PLURIELLE INFO

Philippe Saurel, tête de liste de Montpellier citoyenne, a consacré jeudi 26, une conférence de presse à la sécurité, qu’il décrit comme « une préoccupation majeure des Montpelliérains ».

Le candidat dit vouloir répondre à un double phénomène : une hausse de la délinquance et des agressions, et un sentiment d’insécurité qui modifie les usages du centre-ville, des transports et de certains quartiers. Son approche : « la sécurité, c’est une affaire d’équipe ». Autour de lui, quatre profils présentés comme les futurs responsables du dossier dès le 22 mars en cas de victoire : Sophia Ayache, psychologue, Bruno Grespan, ancien policier national, Michel Forquin, militaire de carrière, et Éric du Ranteau, retraité de la police municipale et ancien responsable syndical CGT.

Pivot budgétaire : stop à l’hôtel des sécurités et place aux effectifs

On l’aura compris, les grands travaux, c’est fini. Plus d’esbroufe politique, pas de temple de la sécurité dans le programme de Montpellier citoyenne. L’annonce est ferme : c’est l’abandon du projet d’hôtel des sécurités à Celleneuve. Philippe Saurel le juge à la fois mal implanté et trop coûteux. Son argument est aussi opérationnel : « c’est trop loin du cœur de ville, les policiers vont passer leur temps à faire d’interminables trajets ». Sur le plan financier, Éric du Ranteau avance une dérive du coût, « estimé à 25 M€ puis aujourd’hui à 63 ou 65 M€ ». Quid de la suite et du programme ? Pour les colistier·es, l’abandon de ce projet doit libérer des marges pour renforcer le terrain.

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Pour Michel Forquin, le problème de fond c’est que « le nombre de fonctionnaires opérationnels n’est pas assez important sur le terrain ». L’équipe sécurité met en avant un objectif de recrutements de l’ordre de 100 à 200 policiers municipaux. Même si dans la réalité : « recruter massivement est difficile partout en France », en raison de la concurrence entre communes et « des capacités limitées de formation », précise Éric du Ranteau

Dis-moi quelle police municipale tu mets en place, je te dirai quel maire tu es

Au-delà des chiffres, la doctrine revendiquée est celle d’une police municipale plus visible et plus proche. Philippe Saurel résume l’objectif par une formule répétée : « revenir au contact des citoyens ». Le projet évoque un maillage par petites unités, au plus près des habitants. « Il faut que les citoyens connaissent le policier par le prénom et inversement », explique Éric du Ranteau. Derrière cette formule se dessine une conception très précise de la police municipale. Celle d’un service ancré dans les quartiers, identifiable, accessible, et non d’une force d’intervention assimilée au maintien de l’ordre. L’équipe de Philippe Saurel l’affirme : « pas de confusion des missions. »

Comme l’a pratiqué la majorité sortante de Michaël Delafosse, voir des agents municipaux casqués, bouclier en main, ou engagés en appui lors de manifestations déclarées brouille la nature même d’une police de proximité. Être gazé par ceux censés incarner le lien quotidien avec la population ne favorise ni la confiance ni la connaissance mutuelle. Pour Philippe Saurel, la police municipale est d’abord une présence régulière, pédestre, insérée dans le tissu urbain, au contact des commerçants, des familles, des écoles. Elle privilégie la prévention, la médiation, la résolution des incivilités et la tranquillité publique. Certes, le candidat pour mars 2026 confirme que la police municipale doit travailler en articulation avec la police nationale, mais sans se substituer à elle dans des missions régaliennes. Comprendre, elle ne doit pas être une police d’appoint mobilisée dans des logiques de démonstration sécuritaire. On pourrait l’exprimer ainsi : dis-moi quelle police municipale tu mets en place, je te dirai quel maire tu es !

Logistique. La liste Montpellier citoyenne promet une montée en puissance des horaires, avec une cible de service tendant vers le 24 h sur 24. Philippe Saurel le formule comme une condition de l’apaisement : « de cette façon, on pourra améliorer la paix sociale, mais pour cela il faut des moyens ».

Urbanisme, prévention et coordination permanente

Mais la sécurité ne se limite pas aux effectifs. Philippe Saurel insiste sur une réflexion globale mêlant aménagement urbain, organisation des services municipaux et articulation avec l’État. Il évoque par exemple la nécessité de repenser l’implantation des postes de police de proximité, regrettant le déplacement du poste de la place de la Comédie vers la rue Maguelone, qui a éloigné « la présence policière visible du cœur de ville. »

Le candidat défend également la mise en place d’une cellule de sécurité réunissant régulièrement police nationale, police municipale, pompiers et services de secours, non pas « une fois par an », mais de façon continue, « comme en temps de crise », avec l’objectif de partager l’information et améliorer la réactivité.

L’urbanisme est aussi pointé comme un levier déterminant. Avant même la délivrance des permis de construire, une analyse des abords, des flux et des zones à risque devrait, selon Philippe Saurel, être systématisée. Il cite des quartiers enclavés ou difficiles d’accès où la configuration favorise les tensions.

Sur la vidéosurveillance, Philippe Saurel évoque un maillage déjà existant grâce aux conventions passées avec la SNCF et TAM, notamment autour des arrêts de tramway. Il se dit favorable à des ajustements liés à l’évolution de la ville, tout en mettant en garde contre des dispositifs intrusifs « de façade à façade » qui porteraient atteinte à la vie privée.

Enfin, la dimension préventive traverse l’ensemble du propos. Sophia Ayache insistera sur les violences faites aux femmes et le manque d’orientation des victimes. Beaucoup de victimes ne savent pas identifier juridiquement ce qu’elles subissent. « La violence visible avec les coups, on la repère. Mais la violence invisible, le harcèlement, parfois les personnes n’ont pas conscience qu’elles sont victimes », explique-t-elle. D’où son plaidoyer pour des structures de proximité capables de « sensibiliser, d’informer, de mettre des mots sur ce qu’elles sont en train de subir », et d’orienter vers des dispositifs juridiques ou médicaux adaptés.

Philippe Saurel n’a pas manqué de rappeler les trois axes de « la philosophie de la composition » de sa liste : « c’est un : la concertation, agir pour les Montpelliérains, porter des projets qui obtiennent leur consentement ; deux : la transparence, transparence des dépenses, des subventions, des attributions de logements sociaux ; et trois : l’humilité, agir au service des Montpelliérains, moins de communication et plus d’action. Voilà quel est l’ADN de ce que nous allons proposer. »

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