Lyon au carrefour de la violence fasciste : la presse indépendante au service de la vérité

Rixe qui précède le drame de Lyon - Photo - Screen video Canard enchainé
Rixe qui précède le drame de Lyon - Photo - Screen video Canard enchainé

Heureusement qu’il existe une presse indépendante pour faire le travail d’investigation nécessaire à l’élucidation des faits qui ont conduit à la mort de Quentin D. Sans cela, nous en resterions aux versions diverses et contradictoires distillées par l’extrême droite et relayées par les médias des milliardaires. Médiapart, Le Média, Street Press, le Canard enchaîné et Contre-attaque ont fait le job, tandis que Le Monde et France Info ont dû tenir compte de certains témoignages.

Un article du média nantais Contre-attaque paru le 15 février, complété le 16 par un témoin direct, revient sur le scénario probable des violences survenues à Lyon le 12 février en croisant toutes les informations fiables et disponibles.
Selon l’extrême droite et plusieurs responsables politiques (comme Jean-François Bellamy, Gérald Darmanin ou Bruno Retailleau notamment), un jeune homme présenté comme non violent aurait été tué volontairement par une « horde » d’antifascistes. Cette version est largement relayée par les chaînes du groupe Bolloré (notamment CNews et Europe 1), avant même que les faits ne soient clairement établis.

Némésis, spécialiste de la provocation à but victimaire

L’article de Contre-Attaque décrit d’abord le rôle du collectif Némésis, habitué à organiser des provocations dans des événements de gauche pour filmer les réactions et se poser ensuite en victime médiatique. Cela fait longtemps que l’extrême droite se cherche un martyr et la vitrine fémonationaliste est l’outil de cette recherche.

Le 12 février, ses militantes se rendent à une conférence de Rima Hassan à Lyon dans l’objectif d’en perturber le déroulement, avec une banderole hostile et son service d’ordre. Aucune image ne prouve toutefois que la victime aurait été sur place ; Alice Cordier, la responsable de Némésis qui parvient le soir même à écumer tous les plateaux TV, indique que des groupes étaient postés « à distance» pour leur porter secours « en cas de problème ». Mais de problème, il n’y en a pas eu. Aucun incident n’a eu lieu sur place. Le jeune Quentin D. a été pris en charge plusieurs heures plus tard, à plusieurs kilomètres de là. Il n’y a donc aucun lien, comme l’a martelé dimanche Jean-Luc Mélenchon lors de son intervention à Montpellier, avec la conférence de Rima Hassan, ni avec le service d’ordre que la France Insoumise met à disposition faute de protection policière.

Tromperie sur l’identité de la victime

Sur l’identité de la victime qui est présentée comme un « étudiant en mathématiques, choriste, catholique et philosophe » dans les médias, l’article compile les communiqués de groupes d’extrême droite. Le collectif néonazi Luminis Paris évoque un «militant nationaliste» aimant la «lutte à mort». L’Action française revendique aussi son appartenance. Mediapart rapporte qu’il était également membre du groupuscule néofasciste Allobroges Bourgoin, qui défile chaque année à Paris avec la crème des néonazis venus de toute l’Europe. Un journaliste de Street Press confirme sa présence lors du dernier défilé néonazi à Paris sous la protection de la police.

Le 14 février, un autre groupe néonazi, le RED basé à Angers, organise carrément un rassemblement avec une banderole «On remettra ça». La phrase qu’ils attribuent à Quentin D. après l’action contre le meeting de Rima Hassan. La dissonance est énorme entre le récit victimaire des médias et ce que revendiquent ses propres camarades; entre l’image angélique d’une victime pacifique diffusée publiquement et ce profil militant, ce qui conduit d’ailleurs des internautes à s’interroger sous des termes plus ou moins virulents : « Comment l’Assemblée nationale a-t-elle pu faire l’hommage d’une minute de silence à un militant néonazi ? »

Le déroulement des faits

« Dans ses nombreuses interventions, Némésis a raconté tout et n’importe quoi sur le déroulé : une fois Quentin aurait été poignardé, une autre il aurait reçu des coups au sol et serait tombé dans le coma, ou encore il serait rentré chez lui et serait senti mal plus tard… Aucune de ces versions n’est attestée, et celle des coups de couteau est une invention pure et simple, qui a pourtant été largement reprise par les médias mainstream ».

TF1 a diffusé le 14 février une courte vidéo prise par un riverain montrant la fin d’une bagarre : trois personnes sont violemment frappées au sol. Il n’y a aucun élément permettant d’attribuer l’appartenance des individus sur les images, ni bien sûr leur identité. Ce témoin qui a filmé et envoyé ses vidéos à TF1 regrette que seule la seconde vidéo ait été diffusée. Il explique «Ça a commencé avec deux groupes qui s’affrontaient, qui se faisaient face-face» avec «une vingtaine» de personnes de chaque côté, autour de 17h ». Il s’agirait donc bien d’une rixe entre deux groupes, dont l’un aurait pris la fuite en abandonnant trois de ses membres.

D’autres témoins confirment cette version à Médiapart : une femme parle d’«au moins une vingtaine d’hommes» qui se battent. «Ils se sont jetés au milieu de la rue, ça n’a vraiment duré que cinq minutes en tout. Ils ont balancé un fumigène jusqu’à notre porte, il y avait de la fumée partout». Cela ressemble à un affrontement entre deux groupes, comme il y en a souvent à Lyon, qui aurait mal fini. Mais pas un guet-apens ni un meurtre prémédité comme on l’entend partout.

Un autre mystère : selon plusieurs médias, Quentin D. a été pris en charge à 19h40, à plusieurs kilomètres de la scène diffusée sur TF,1 qui elle s’est tenue en plein jour. Plus de deux heures se sont donc écoulées. Quentin D. serait rentré chez lui avec ses amis, et aurait fait un malaise bien plus tard ? Plusieurs personnes présentes sur le lieu de la rixe, venues lui porter secours, dont l’une a témoigné pour France Info, indique que le jeune homme s’est relevé et a refusé de se rendre à l’hôpital pourtant tout proche.

À tel point que Le Monde écrivait le 13 février que «cet événement n’a pas été spécialement signalé ni mis en relation avec des incidents». Contre-attaque en conclut : « soit la vidéo montre un autre affrontement, ce qui est courant à Lyon, et la personne frappée au sol n’est pas Quentin D. Soit ses amis ne lui ont pas porté assistance alors qu’il était gravement blessé pendant des heures. Quelle que soit la version, Quentin n’a pas été «laissé pour mort», puisqu’il s’est relevé seul mais a bel et bien été abandonné par les siens.

L’article de Contre-attaque précise aussi que la police était mobilisée ailleurs, contre quelques militants antimilitaristes rassemblés à l’université Lyon-3, et non contre Némésis, ce qui expliquerait l’absence de signalement immédiat (selon Le Monde) et d’intervention pour empêcher les rixes.

Selon Contre-attaque : « c’est une affaire d’État et un mensonge politico-médiatique que nous sommes désormais en mesure de démontrer. Des images exclusives et un passant témoin de la rixe lyonnaise du 12 février prouvent qu’un commando armé d’extrême droite a déclenché une confrontation qui a mené au décès de Quentin D. »

PUB...

MÉTÉO

🌤️
Météo locale
Localisation en cours...
--°C Chargement...
Ressenti : --°C Vent : -- km/h Humidité : --%
Données météo : Open-Meteo. La position reste traitée dans votre navigateur.

SÉLECTION DE LA RÉDACTION

Source d’Issanka le consensus LNMP se fissure-t-il à Sète Agglopôle

INSCRIPTION NEWSLETTER

Trains : LNMP, la ligne de tous les danger ?