Il y a 27 ans, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies proclamait le 25 novembre « Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes » et invitait les gouvernements, les organisations internationales et les ONG à organiser des activités pour sensibiliser le public à ce problème le jour de cette célébration internationale. Triste journée en réalité qui « célèbre » surtout chaque année la timidité des progrès enregistrés dans ce domaine, voire les nombreux reculs, et la colère grandissante des femmes et de toutes les personnes victimes de violence et de discrimination.
Pour rappel, la lutte contre les violences faites aux femmes devait être la grande priorité du dernier quinquennat de Macron. On a vu ce qu’il est advenu de cette promesse : indigence des moyens attribués aux services et associations dédiés à cette action, augmentation des féminicides, lenteur de la justice, déni et même violences des services de l’État pourtant en charge d’assurer la sécurité de tous, comme vient encore de le documenter une enquête publiée le 15 novembre par le collectif #NousToutes.
Chaque mois apporte des exemples de violence commise par des agents des forces de l’ordre à l’encontre de femmes, parfois venues porter plainte, tandis que le taux de condamnation des violeurs est dérisoire. Que faire alors ? se défendre, s’organiser, résister, persévérer comme le fait la jeune « Angélina » passée à tabac en 2018 à la sortie de son travail par des policiers qui se sont couverts entre eux (il a fallu 7 ans pour parvenir à les identifier) ou bien cette mère de famille violée dans sa cellule du dépôt du tribunal de Bobigny par les deux agents en charge de la surveiller… La liste est longue hélas et les ministres de l’Intérieur successifs ont tord de minimiser l’ampleur de mal, qu’il soit sexiste et/ou raciste, au sein de la police. On les appelle « forces de l’ordre », mais il est à craindre que ce soit l’ordre patriarcal et masculiniste qui soit défendu, plutôt que la sécurité qu’elles sont censées assurer.
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