Sandrine Rousseau à Sète : présentation d’un petit manuel impertinent pour calmer « Tonton »

Sandrine Rousseau à Sète, présentation de son livre éditions La Meute - Photo - JPV PLURIELLE INFO
Sandrine Rousseau à Sète, présentation de son livre éditions La Meute - Photo - JPV PLURIELLE INFO

Comment empêcher le « tonton », figure emblématique du mâle blanc de plus de 50 ans qui exprime sans cesse son agacement sur les nouveaux combats et le vocabulaire qui les accompagnent, de basculer dans le vote RN ? C’est en substance l’objet de ce petit pamphlet rigolo, Tu nuis à la cause, que Sandrine Rousseau est venue présenter à Sète à l’initiative de la librairie l’échappée belle.

Courte, mais belle rencontre qui a fait souffler un salutaire vent d’optimisme dans un public majoritairement féminin et tout aussi majoritairement inquiet et préoccupé par la montée des idées rances et par les divisions dans une gauche qui devrait y faire rempart.

Ce petit livre à la couverture fleurie se présente comme une invitation à « entrer en dialogue »  pour « ne pas laisser se dérouler et s’installer un agacement vis-à-vis des mouvements sociétaux actuels« . Fidèle à son credo ouvert en 2024 avec son essai « Ce qui nous porte /…/ : et si les Français n’étaient pas (tous) réacs », elle affirme qu’on est en train de « gagner la bataille culturelle dans la société ». C’est pour cette raison que les milliardaires tels Bolloré investissent tant de millions dans le combat idéologique.

Soulignant tous les champs politiques ouverts et les avancées obtenues par ces fameuses « causes », elle propose par cet ouvrage « écrit d’une traite » que ces combats pour l’égalité entre homme et femmes, pour la justice, l’antiracisme, l’écologie, utilisent à la fois l’humour comme arme de déstabilisation massive et le sérieux dans les informations à délivrer. Chercheuse en économie, Sandrine Rousseau tient à la rigueur des raisonnements et au sérieux des données, même si elle affirme qu’il ne faut pas « se prendre trop au sérieux ». Au passage, elle a envoyé valser toute l’hypocrisie des signes extérieurs de respectabilité et de bien-parler imposés par la bourgeoisie, signes auxquels les combats pour l’émancipation et l’écologie ne peuvent se soumettre.

Qu’on ne s’y méprenne pas. Pour Sandrine Rousseau, « on a tous des molécules de tonton en nous », c’est-à-dire de vieux a priori à remettre en cause ou des dénis des dominations existantes au sein desquelles il faut savoir se situer. « Il n’y a pas d’un côté ceux qui ont tout compris contre ceux qui n’ont rien compris. C’est plus complexe que ça ». Elle ne cache pas qu’à cet égard, « on a aussi « nos tontons » dans les collectifs de lutte » à gauche.

Considérant le masculinisme et le virilisme comme « le dernier sursaut d’une minorité radicalisée face à un mouvement désormais irréversible d’émancipation des femmes », elle est confiante en l’avenir. Face à l’ensauvagement du capitalisme, la remise en cause des dominations et du modèle de développement productiviste, grandit dans la société. C’en est fini du soutien tacite à ce système qui a remplacé la promesse de prospérité par une destruction de la planète. « Je suis prête à parier qu’après Trump, il y aura un Mamdani ».

[VIDEO] Interview de Sandrine Rousseau :

« Ne pas laisser se développer un agacement contre les mouvements sociétaux actuels »

Interrogée sur l’échéance 2027, Sandrine Rousseau répond avec le même optimisme : « On est en train de franchir la ligne d’arrivée et on ne le sait pas, car on ne connaît pas notre force et notre nombre. Et c’est tout le problème. Ils gagnent parce qu’ils nous intimident alors qu’au contraire, si on est conscient de notre nombre et de notre force, alors ils ne gagneront jamais ».

Son positionnement personnel pour les présidentielles, au risque d’être exclue de son parti Les Écologistes ? « J’essaye de ne jamais lâcher la ligne d’horizon qui est que nous gagnons face à l’extrême droite et que nous imposions une politique de gauche véritablement écologiste, une rupture avec un modèle libéral qui nous rend malades et qui nous fait mourir presque au premier sens du terme. Et donc pour moi c’est absolument fondamental. /…/ Ne rien lâcher parce qu’en fait je ne pourrais plus me regarder dans la glace et je ne pourrais plus regarder les gens en face et dans les yeux si je lâchais cette ambition qui est que la gauche soit non seulement unie rassemblée, mais qu’aussi elle soit radicale sur le fond ». Quant au ralliement de Yannick Jadot à la campagne de Raphaël Glucksmann, elle répond en trois mots : « Bon vent Yannick. »

Tu nuis à la cause – #WOKE – Une mise au point impertinente par Sandrine Rousseau – Éditions La Meute – Permis de déconstruire – Dans toutes les vraies librairies.

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