Manifestations du 24 octobre : la France sous le régime des interdictions préfectorales

Déclaration du Président Macron à l'issue du Conseil de sécurité - Photo - Élysée octobre 2026
Déclaration du Président Macron à l'issue du Conseil de sécurité - Photo - Élysée octobre 2026

La liberté de manifester à l’épreuve des arrêtés préfectoraux. Ces restrictions interviennent une semaine après les violences du 17 octobre. Les autorités invoquent la sécurité publique. Mais le droit de manifester reste une liberté fondamentale : toute interdiction doit être justifiée, nécessaire et proportionnée. Les juges administratifs peuvent être saisis en urgence.

À Montpellier, la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, interdit la manifestation déclarée par Force ouvrière pour samedi 24 octobre. De 8 h à 22 h, les rassemblements seront également interdits dans un vaste périmètre englobant l’Écusson, la Comédie, le Polygone et la gare Saint-Roch. Aucun tramway ne circulera samedi. Des drones, des renforts policiers et des militaires de Sentinelle compléteront le dispositif.

Un couvre-feu frappera les mineurs non accompagnés dans les centres-villes de Montpellier et Béziers, vendredi dès 22 h et samedi dès 20 h, jusqu’à 6 h le lendemain. La préfecture invoque les violences du 17 octobre et les risques de nouveaux pillages.

À Lyon, le préfet du Rhône interdit toutes les manifestations sur l’ensemble du territoire communal samedi. La mesure dépasse donc largement le centre-ville, théâtre de nombreuses dégradations le 17 octobre.

À Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône annonce l’interdiction des manifestations, déclarées ou non, dans tout le département. Les transports en commun seront également suspendus dans l’agglomération marseillaise.

À Toulon, les cortèges et rassemblements revendicatifs sont interdits dans un périmètre du centre-ville de 11 h à minuit. Un couvre-feu concerne les mineurs non accompagnés dès 18 h dans certains secteurs.

À Rouen et au Havre, les préfets interdisent les manifestations dans les principaux secteurs commerciaux, de 9 h à 20 h. Au Mans, l’interdiction dans le centre-ville se prolonge jusqu’au mardi 27 octobre à 8 h.

À Paris, la préfecture autorise le cortège syndical Bastille-Nation, mais refuse le parcours Bastille-Opéra demandé par les Gilets Jaunes.

Macron assume les interdictions de manifester

À l’issue d’un conseil de sécurité réunissant jeudi gouvernement et services de renseignement à l’Élysée, Emmanuel Macron a assumé la multiplication des interdictions préfectorales. « Partout où il y a une volonté de manifester, de se regrouper, les demandes qui sont faites par des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela seront interdites par les préfets, parce que ce n’est pas le moment, nous voulons le retour au calme », a-t-il déclaré. Le président invoque la protection des « centres-villes », des « commerces » et des « bâtiments publics ».

Qui décide de la légitimité de celles et ceux qui souhaitent manifester ? Un déclaration présidentielle qui mérite d’être entendue dans son intégralité, tant elle fera Histoire :

Déclaration du Président à l’issue du Conseil de sécurité :

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