Puissante marche pour le climat à Montpellier, FIestival à Pézenas, démarrage à Lodève de la 1re édition du festival Les Fourmilières, ce week-end sonne la mobilisation des volontés de construire un autre monde face aux tendances régressives ultra-réactionnaires qui fracturent l’Hérault dans des oppositions racistes, écologiques, sociales, interprofessionnelles ou politiciennes…
Deux ans après l’élection de 4 député·es du Rassemblement National (5 si on compte Charles Alloncle particulièrement zélé à défendre ses propositions comme la privatisation du service public de l’audiovisuel) sur les 9 circonscriptions que compte l’Hérault, les partis d’extrême droite RN et Reconquête n’ont conquis que deux mairies en mars dernier : Agde et La Salvetat sur Agout. Il faut aussi ajouter au nombre des grands électeur·trices qui voteront demain pour le sénatoriales les conseiller·es municipaux·ales d’autres communes élu·es ouvertement sous ces étiquettes ou dans le secret de leurs votes, ainsi que les alliés de Robert Ménard. De fait, le risque existe que l’Hérault envoie au Sénat un représentant du Midi brun. Or ce week-end, plusieurs manifestations révèlent que les forces de résistance et de transformation sont bien vivantes, que le « Midi rouge », comme aime à le rappeler l’ancien député insoumis de Lodève Sébastien Rome, n’est pas si loin et qu’il est à l’initiative pour s’opposer à la « résistible ascension » de l’extrême droite. Il le sera aussi le 29 septembre dans la rue pour s’opposer au budget austéritaire de Lecornu.
Alors que les forces de droite, y compris dans sa récupération de la crise de la pêche, dans sa défense forcenée de l’agriculture industrielle ou de la chasse tendent à nier la catastrophe écologique et ses conséquences, les plus de 3 000 « marcheur·ses pour le climat » de Montpellier ne s’y sont pas trompés. Ils et elles réclament un plan d’urgence et réinterrogent toutes les politiques publiques, tous les projets susceptibles de compromettre l’avenir. Ils et elles n’attendent pas de petites actions, mais une vraie remise en cause des logiques de profits immédiats qui détruisent les biens communs.
Ce sont aussi ces thèmes qui sont abordés à la fête des Insoumis·es à Pézenas qui accueille cette année principalement des parlementaires femmes, et pas des moindres : Alma Dufour, Marina Masure et Danièle Obono pour parler de leurs actions, des luttes et des grandes causes qu’elles défendent, tandis que Bernard Friot revient sur «le communisme déjà là» et que Sylvain Carrière présentera le bilan de son mandat. On parlera aussi écorégions, une réflexion sur une réorganisation institutionnelle de la France en fonction des enjeux vitaux de l’eau.
Quant au festival Les Fourmilières, qui se tiendra jusqu’au 11 octobre, c’est une grande première de réunir 120 organisations pour organiser 220 évènements dans toute l’Occitanie, autour d’un objectif commun : lutter contre l’extrême droite en démontrant que de nombreux acteurs proposent un autre projet de société face à la menace. Ce festival s’affiche « antifasciste et solidaire » parce qu’il refuse l’hypothèse de son accession au pouvoir, ses idées violentes et autoritaires, car il refuse une société de plus en plus « individualiste, discriminante, haineuse, liberticide : la dédiabolisation des discours les plus radicaux, les lois iniques, le recul de la démocratie, le monopole des médias aux mains de quelques milliardaires qui promeuvent les idées réactionnaires, la manipulation de la pensée et l’inversion des concepts, la violence d’état […], les génocides, les écocides, les injustices ». On ne peut mieux dire. Et il faut toujours mieux faire pour le faire entendre.
