La campagne sénatoriale écologiste se construit dans l’écoute, commune après commune

Depuis plusieurs semaines, Agnès Gizard-Carlin et son équipe parcourent l’Hérault pour rencontrer les maires et les élus locaux. Plutôt que de présenter un programme figé, ils ont choisi de partir du terrain.  Après Balaruc-les-Bains, Lunel-Viel, Montagnac et La Vacquerie-et-Saint-Martin-de-Castries, c’est à Villeneuvette que s’est arrêtée la tournée départementale d’Agnès Gizard-Carlin, candidate des Écologistes aux élections sénatoriales.

Autour d’elle, Lise Florès, coordinatrice départementale des Écologistes de l’Hérault, Élisabeth Jaune, secrétaire du groupe local Vallée de l’Hérault, et Rosemay Crémieux, secrétaire du groupe local Cœur d’Hérault et conseillère municipale à Clermont l’Hérault.

Loin d’une réunion protocolaire, la rencontre prend rapidement la forme d’une longue visite du village guidée par Jean-Pierre Radi, maire de cette commune de 65 habitants. Pendant près de deux heures, il fait découvrir l’histoire de l’ancienne manufacture royale, les béals, les ouvrages hydrauliques, les projets de restauration écologique, mais aussi les légendes locales et les initiatives citoyennes qui font vivre Villeneuvette.

Les meilleures idées naissent du terrain

Au fil des rues, une conviction se dessine : les meilleures idées naissent souvent du terrain. « Nous n’avons pas voulu écrire un programme avant d’aller à la rencontre des communes. Le Sénat est la chambre des collectivités territoriales. Il nous semblait donc essentiel de commencer par écouter celles et ceux qui vivent ces réalités au quotidien. Chaque rencontre fait émerger des propositions nouvelles, en dialogue avec les travaux déjà engagés par nos sénatrices et sénateurs, que nous porterons ensuite au Sénat. » explique Agnès Gizard-Carlin

Cette méthode se retrouve dans chacun des Carnets de campagne publiés par les écologistes depuis le début de l’été. À Balaruc-les-Bains, les échanges ont fait émerger les enjeux de prévention en santé, de logement des actifs et de mobilités. À Lunel-Viel, ils ont conduit à défendre une meilleure association des communes aux décisions concernant les installations à fort impact environnemental, comme les incinérateurs, ainsi qu’un renforcement des mobilités du quotidien. À Montagnac, les discussions autour de l’eau et des terres agricoles ont nourri une réflexion sur l’autonomie financière des collectivités et leur capacité à protéger les biens communs.À La Vacquerie-et-Saint-Martin-de-Castries, la protection des habitants face aux incendies, aux ruissellements et au désert médical a rappelé l’importance de mieux  accompagner les communes rurales confrontées aux effets du changement climatique.

À Villeneuvette enfin, c’est une autre leçon qui s’impose :  En restaurant les anciens béals et en créant un réseau de mares interconnectées, la commune montre qu’il est possible de restaurer simultanément le patrimoine, les milieux humides et la biodiversité. Le projet permettra notamment de préserver le triton marbré, les libellules, les chauves-souris et les oiseaux, tout en ralentissant les eaux de ruissellement.

« Le prochain maire de Villeneuvette, ce sera tout le village »

Le maire partage également une vision exigeante de la démocratie locale. « Mon objectif, c’est que le prochain maire soit tout le village. » Une formule qui résume l’esprit de Villeneuvette, où les projets sont construits avec les habitants, dans une commune que Jean-Pierre Radi aime qualifier de « village de Gaulois », capable de se mobiliser collectivement pour défendre son patrimoine et son environnement mais aussi ses habitants.

La visite s’achève sur un constat largement partagé par tous les élu·es rencontré·es depuis le début de cette tournée : les communes ne manquent ni d’idées ni d’envie d’agir. Elles se heurtent en revanche à des procédures complexes, à un manque d’ingénierie et à des financements qui doivent être renégociés projet après projet. « Nous trouvons des financements. Donnez-nous des moyens humains. » explique Jean-Pierre Radi.

Cette remarque résume l’un des enseignements de cette campagne de terrain. Écouter les maires ne consiste pas seulement à recenser leurs difficultés. C’est aussi identifier les solutions qui fonctionnent déjà et comprendre ce dont les communes ont besoin pour les développer.

À travers ces rencontres, les Carnets de campagne dessinent progressivement un projet sénatorial construit au contact des territoires. Une démarche qui rappelle qu’avant de légiférer, il est parfois utile de commencer par écouter.

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