Mondial 2026 : 40 jours et 11 milliards de dollars de revenus

FIFA World Cup - Photo - DR FIFA
FIFA World Cup - Photo - DR FIFA

La Coupe du monde 2026 devait être la fête planétaire du football. Elle ressemble de plus en plus à un parc d’attractions géant piloté par la FIFA, où tout semble pensé pour battre des records de profits, de kilomètres parcourus et d’émissions carbone. Oui… c’est « écolocentré », mais c’est hélas redoutablement juste.

48 équipes. 104 matchs. 3 pays hôtes. 16 villes. 40 jours de compétition. Derrière le discours euphorique de Gianni Infantino, président de la FIFA sur « le plus grand événement de l’Histoire de l’humanité », se cache surtout une mécanique industrielle devenue hors de contrôle. Le football mondial n’organise plus un tournoi : il exploite une machine économique.

40 jours et 11 milliards de dollars de revenus

La FIFA espère engranger près de 11 milliards de dollars de revenus. Les billets atteignent des tarifs délirants, les supporters devront traverser un continent entier pour suivre leur sélection, et même certaines fédérations qualifiées craignent de finir déficitaires une fois les frais logistiques réglés. Le Mondial devient un luxe réservé aux sponsors, aux influenceurs et aux touristes fortunés.

Le désastre écologique n’est hélas plus à prouver. Selon l’ONG britannique Scientists for Global Responsibility, cette édition pourrait devenir la Coupe du monde la plus polluante de l’histoire avec plus de 9 millions de tonnes de CO₂ émises. Un non-sens absolu à l’heure où les mêmes institutions prétendent défendre des objectifs climatiques.

Omar Abdulkadir Artan

Et pendant que la FIFA vend un spectacle « universel », les États-Unis trumpisés risquent de transformer la compétition en cauchemar diplomatique et sécuritaire. Symbole cruel, le premier arbitre somalien de l’Histoire de la Coupe du monde, Omar Abdulkadir Artan, ne foulera même pas les pelouses du tournoi. Refoulé à son arrivée aux États-Unis malgré un visa valide, il paie les conséquences d’une politique migratoire dont la FIFA affirme ne pas maîtriser les règles. Le signal est désastreux. Pour rappel, Donald Trump avait osé qualifier les Somaliens de « garbage » (« déchets » ou « ordures ») lors d’une réunion de son cabinet à la Maison-Blanche le 2 décembre 2025. Et il avait multiplié les attaques contre la Somalie, qualifiée de pays « sale », « dégoûtant » et gangrené par la criminalité, après avoir déjà associé plusieurs nations africaines à des « shithole countries », traduction : « trou à merde ».

Comment prétendre célébrer l’universalité du football lorsque l’un des représentants officiellement sélectionnés par la FIFA se voit interdire l’entrée du pays organisateur ? Ce Mondial XXL donne l’impression d’un football devenu incapable de se fixer des limites. Toujours plus grand, toujours plus cher, toujours plus absurde, toujours plus aveugle. Après le Qatar et ses stades climatisés, voici la Coupe du monde des avions, des frontières et de la démesure permanente.

À noter : que l’Iran doit disputer son premier match le 15 juin 2026 à Los Angeles (SoFi Stadium) contre la Nouvelle-Zélande, et que c’est la première fois qu’un pays hôte est en guerre contre une nation qui participe au tournoi.

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