Parkings Miro à Castelnau : et si la réponse aggravait le problème ?

Modélisation du Parking Miro à Castelnau face à l'école Rose de France - Photo - Screen shot Agglorieuse & LAB_ PLURIELLE INFO
Modélisation du Parking Miro à Castelnau face à l'école Rose de France - Photo - Screen shot Agglorieuse & LAB_ PLURIELLE INFO

À Castelnau-le-Lez, la promesse de nouveaux parkings comme une solution miracle à une saturation du trafic, interroge. Et derrière l’évidence apparente, le raisonnement mérite d’être analysé, tant il repose sur des raccourcis très discutables.

« L’idée, c’est de dire qu’il manque de parkings dans le centre !… L’idée c’est d’apporter des places dans le centre… Et donc moi, mon enjeu, c’est ça, c’est la qualité de vie. Parce que dans le centre à Castelnau, on a saturé l’espace… » Julien Miro

[VIDEO] Julien Miro chez Tristan Cuche l’Agglorieuse :

Le nouveau maire Julien Miro assume une lecture mécanique du problème :
« On a rajouté 100 et quelques logements, ça fait 100 et quelques voitures qui en gros sont en train de saturer le parking Vicarello, le parking de la poste et le parking de Rose de France. » Un enchaînement qui paraît logique, sauf qu’il oublie un cadre réglementaire pourtant central.

En France, le stationnement est encadré par le Code de l’urbanisme. Les plans locaux d’urbanisme imposent, sauf exception, la création de places de stationnement lors de toute construction neuve. Autrement dit, chaque programme immobilier est censé intégrer ses propres besoins en stationnement. Si saturation il y a, est-elle due à ces nouveaux habitant·es ? Ça se discute !

Le principe de « trafic induit »

Construire davantage de parkings en centre-ville ne résout pas un déséquilibre : cela tend au contraire à attirer les voitures, phénomène bien documenté en urbanisme sous le principe de « trafic induit ». Plus on crée de places, plus on génère de flux. L’avenue Jean Jaurès, comme ses rues voisines, risque bien de stresser encore longtemps…

L’autre angle mort du raisonnement concerne aussi l’avenue de l’Europe. Julien Miro avance : « Pourquoi vous n’avez pas un restaurant sous l’avenue de l’Europe et que vous avez essentiellement des tacos et des barbiers ? C’est parce qu’en fait, vous n’avez pas de parking. »

Cette affirmation pose problème. Elle réduit la diversité commerciale à une seule variable : le stationnement. Et glisse vers une forme de stigmatisation implicite de certaines activités. Or, l’implantation commerciale dépend d’un ensemble de facteurs : loyers, flux piétons, visibilité, tissu social, attentes des riverains, pouvoir d’achat local. Aucun élément factuel ne permet d’établir un lien direct et exclusif entre absence de parking et typologie des commerces.

Les parkings Miro : vision courte ou symptôme d’un urbanisme pensé à rebours ?

Urbanisme pensé à rebours ou vision courte, presque circulaire ? Bref ! On construit, on attire des flux, puis on bétonne encore pour tenter de les absorber ? À ce stade, ce n’est plus une politique d’aménagement, c’est une fuite en avant qui confond cause et conséquence, et qui, sous couvert de bon sens, évite soigneusement de poser les vraies questions : celles de l’usage de l’espace public, de la mobilité et de la cohérence urbaine, de la nécessaire diminution des gaz à effet de serre et de particules fines.

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