Attention, Montpellier est une ville intelligente, on n’y dit pas n’importe quoi. En pleine campagne des municipales 2026, quand on s’engouffre un 24 février, dans la doctrine du récit du groupe Bolloré, fabriqué par ses outils de désinformation (chaînes infos et radios), sans avoir réellement bossé le dossier, ça coince !
Pourtant Isabelle Perrein avait centré sa conférence avec ce titre rassurant « Famille, je vous aime ». Sans oublier d’affirmer de façon péremptoire : « on voit bien qu’on se fait piller globalement notre programme, ça veut dire qu’on a quand même le meilleur programme. » Méthode Coué quand tu nous tiens… Bref ! la candidate qui s’affiche désormais comme l’égérie de « la droite sociale et démocrate sans parti », propose la création de 500 places de crèche, dont des structures municipales et coopératives, sans délégation de service public. À l’école, elle défend un accompagnement renforcé avec professionnels dédiés aux troubles d’apprentissage et développement des pratiques sportives et culturelles. Pour les jeunes et étudiants, elle annonce un fonds municipal de garantie d’un million d’euros pour les loyers, ainsi qu’une plateforme de stages et un label « premier job ». Côté pouvoir d’achat, elle avance une régie municipale de l’énergie fondée sur le solaire et des contrats négociés. Enfin, elle met l’accent sur la lutte contre la solitude, le soutien aux seniors et une politique volontariste du handicap.
Une mise en cause quasi pénale
C’est quand elle s’exprime sur les alliances de second tour qu’Isabelle Perrein lâche un non-sens doublé d’une calomnie : « il est hors de question que je m’allie avec ceux qui tuent des jeunes en France, donc il est hors de question que je fasse alliance avec LFI. » Temps d’arrêt dans la salle du club de la presse, tellement le raccourci est énorme et le risque juridique et politique évident, car une telle formulation peut être interprétée comme diffamatoire si elle n’est pas étayée par des faits précis et juridiquement établis. De fait, cela dépasse le registre polémique classique. Ce n’est plus une critique idéologique, mais une mise en cause quasi pénale, même si elle est formulée dans un cadre rhétorique.
Il aura fallu la relance de la journaliste d’Hérault Tribune : “est-ce que l’extrême droite aussi tue des jeunes en France ?” Pour mettre ensuite la notaire montpelliéraine dans les cordes avant de répondre avec une imprécision bouleversante : « pas à ma connaissance, ces dernières années. »
Affirmer que « la violence d’extrême droite dans notre pays n’existe pas, » à quelques jours de la mort du jeune identitaire Quentin D. à Lyon, c’est du Marion Maréchal dans le texte. En revanche plusieurs meurtres sont bien reliés à l’ultra et l’extrême droite depuis 2022, dont ceux du rugbyman Federico Martin Aramburu, de trois militants kurdes à Paris, d’Éric Casado-Lopez, d’Aboubakar Cissé ou encore d’Hichem Miraoui.
Alors, qui a eu cette idée folle dans son pôle communication, d’aller sur ce terrain. Car il reste difficile de croire que ce verbatim est le sien à moins qu’Aimer Montpellier redevienne Alerte Montpellier, premier nom anxiogène et alarmiste de son mouvement pour se lancer dans la course des Municipales. Il semblerait que la candidate de droite ait porté une charge qui fait vaciller la frontière du débat démocratique.

