Depuis leur résidence luxueuse, à 5000 kilomètres des bombes et des massacres de dizaines de milliers de civils, des bourgeois ont pris leur plus belle plume pour écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron afin qu’il s’oppose ce lundi à la reconnaissance de la Palestine.
Hamas. Hamas. Hamas… Quand les partisans d’Israël ne calomnient pas les soutiens de la Palestine d’antisémites, il leur reste la carte du Hamas et des otages. C’est ainsi que dans le journal le Figaro, « des personnalités » ont publié une lettre ouverte destinée au Président de la République pour empêcher la reconnaissance de la Palestine ce lundi tant que le Hamas ne procédait pas à la libération des otages Israéliens.
Les signataires de cette lettre de la honte oublient sciemment de dire que c’est Israël qui a rompu la trêve le 18 mars 2025, que c’est Israël qui a refusé d’appliquer la deuxième phase de l’accord qui prévoyait le retrait de ses troupes de la bande de Gaza et la libération des derniers otages israéliens, puis qui a interdit à partir du 2 mars le passage de l’aide humanitaire vers l’enclave palestinienne. Les otages ne sont qu’un prétexte pour continuer le génocide et in fine coloniser la Palestine. En avril 2025, Smotrich, Ministre des finances israélien, déclarait : « il faut dire la vérité : ramener les otages n’est pas le but le plus important« . Selon lui, l’anéantissement du Hamas doit primer sur le retour des otages captifs encore détenus à Gaza. Déjà fin 2023, des colons en Cisjordanie affichaient publiquement leur opposition sur l’accord de libération des otages argumentant que la priorité était « d’écraser Gaza« . En mars 2025, le président Isaac Herzog se disait lui-même « choqué » que la libération des otages ne soit plus une priorité. Ce désintérêt pour les otages provoque de nombreuses manifestations dans la société israélienne. Comme par exemple le samedi 24 mai 2025 dans la soirée , des manifestations avaient éclaté après la nomination par Benyamin Netanyahu d’un chef du service de sécurité intérieure s’opposant ouvertement à tout accord d’échange entre des otages et « prisonniers » palestiniens.
Selon les signataires de la lettre de la honte, les vies de plus de 1,5 millions de personnes palestiniennes valent moins que celles des 49 otages israéliens. Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Philippe Torreton, Bernard-Henri Levy, Raphaël Enthoven, Arthur, Dominique Reynié, Alain Minc, Joann Sfar… les mêmes qui ne se sont jamais indignés des otages Palestiniens détenus par Israël ou qui n’ont même jamais qualifié de terroriste l’armée israélienne. Oui, je dis bien otages. Remettons du sens dans les mots : « Plus de 500 enfants palestiniens sont envoyés, chaque année, en prison par les autorités israéliennes. Dès l’âge de 12 ans, ils peuvent se retrouver devant une cour militaire. Illégales, ces conditions d’incarcération se sont encore durcies depuis le 7 octobre ». « Israël et territoires palestiniens occupés. Des détenu·e·s palestiniens sont soumis à des actes de torture et des traitements dégradants, sur fond de multiplication des arrestations arbitraires » selon Amnesty International. Comment ces civils arrêtés arbitrairement, détenus illégalement et torturés peuvent-ils être qualifiés de « prisonniers » ? Ceux que l’on s’évertue à appeler « prisonniers palestiniens » servent de monnaie d’échange pour faire libérer des otages israéliens, et c’est précisément cela la définition d’un otage : « Personne qu’une armée, un gouvernement livre à la partie adverse ou détient, en garantie de l’exécution d’un traité, d’une promesse.»
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