Gabriel Attal a officiellement lancé sa campagne présidentielle. Vendredi 22 mai, l’ancien premier ministre a choisi le village de Mur-de-Barrez, en Aveyron, pour annoncer sa candidature à l’élection de 2027.
Un décor rural soigneusement choisi pour tenter d’incarner une image plus proche du « pays réel » et rompre avec l’étiquette d’un macronisme jugé urbain, technocratique et déconnecté.
Le secrétaire général de Renaissance a profité d’un « débat citoyen » organisé par le maire de la commune pour officialiser une ambition entretenue depuis plusieurs mois. « Oui, c’est parce que j’aime profondément la France (…) que j’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République », a-t-il déclaré devant une centaine d’habitants, après un échange largement scénarisé, séquence aligot comprise.
Il ne manque que les pommes
Derrière cette déclaration, l’objectif politique est bien de s’émanciper de l’héritage d’Emmanuel Macron tout en conservant l’espace électoral du bloc central. Depuis son départ de Matignon après la dissolution de 2024, Gabriel Attal cherche à imposer sa propre ligne. Son entourage revendique même une stratégie inspirée de Jacques Chirac en 1995 : celle du challenger capable de renverser un favori jugé trop installé. En l’occurrence, Edouard Philippe, aujourd’hui mieux placé dans les enquêtes d’opinion pour représenter le centre et la droite en 2027.
Prises de position clivantes…
Pour tenter d’exister face à l’ancien maire du Havre, Gabriel Attal mise sur une campagne offensive et hypermédiatisée. Depuis plusieurs mois, il multiplie les prises de position clivantes : réforme du droit du travail, justice des mineurs, débat sur la GPA ou encore remise en cause de la primauté du droit international. Une méthode qui rappelle parfois celle de Nicolas Sarkozy et qui provoque déjà des tensions dans l’ex-majorité présidentielle.
Les déserteur·trices
Plusieurs figures macronistes prennent leurs distances. Elisabeth Borne a quitté la direction de Renaissance début mai pour protester contre ses orientations politiques. Yaël Braun-Pivet et Aurore Bergé seront également absentes de son premier grand meeting prévu le 30 mai à Paris.
Reste à savoir si cette tentative de « démacronisation » convaincra au-delà du cercle des soutiens du jeune candidat. Même avec sa volonté de rupture, Gabriel Attal demeure l’un des principaux héritiers d’un pouvoir exercé depuis près de dix ans par Emmanuel Macron.
