Face à la flambée des prix du pétrole et du gaz dans un contexte de tensions au Moyen-Orient, le gouvernement prépare un « grand plan d’électrification » des usages, attendu dans la semaine du 6 au 10 avril. Objectif : réduire la dépendance aux énergies fossiles importées, qui représentent encore près de 60 % de la consommation énergétique en France, selon le service des données et études statistiques (SDES).
La stratégie s’inscrit dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui voudrait un basculement vers 60 % d’énergies bas-carbone d’ici 2030. Selon le chercheur Frédéric Wurtz (CNRS), cette électrification est indispensable pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle répond aussi à un enjeu de souveraineté : les importations fossiles ont coûté plus de 60 milliards d’euros à la France en 2024.
Trois secteurs sont ciblés : le logement (remplacement du chauffage au gaz par des solutions électriques), les transports (véhicules électriques, offres de location pour certains métiers) et l’industrie (décarbonation des procédés). Le plan prévoit aussi des aides ciblées et des financements, notamment via les recettes fiscales liées aux carburants.
En parallèle, l’exécutif mise sur la sobriété énergétique. Car selon les experts, électrifier sans réduire la consommation globale ne suffira pas à atteindre les objectifs climatiques.


