Caroline Fourest et LCI épinglés sur Gaza

Le conseil de déontologie journalistique et de médiation a été saisi en décembre dernier par une personne (qui n’a pas souhaité que son identité soit rendue publique) à propos de la chronique hebdomadaire de Mme Caroline Fourest, « Fourest en liberté », au sein de l’émission « 24 h Pujadas » diffusée par LCI le 14 octobre 2025.

Le requérant reprochait à la chronique, intitulée ce jour-là « Gaza : la défaite du réel », de ne pas respecter, sur plusieurs points, l’exactitude et la véracité : « de manière d’autant plus préjudiciable qu’il s’agit d’un sujet particulièrement sensible, et d’une chronique précisément destinée à dénoncer de fausses informations. »

Dans sa saisine, il détaillait trois passages de l’intervention de Mme Fourest qu’il considère comme inexacts : d’abord des accusations visant le vidéaste palestinien assassiné M. Saleh al-Jafarawi, ensuite l’affirmation que les critères utilisés par l’ONU pour alerter sur une situation de famine ont été modifiés à l’occasion de ce conflit, et enfin la présentation des motivations de la Cour internationale de justice (CIJ) pour appeler à la prévention d’un génocide dans la bande de Gaza.

Réuni le 24 mars 2026, Le CDJM a estimé que l’obligation déontologique de respect de l’exactitude et de la véracité a été enfreinte par LCI pour les trois points soulevés par le requérant dans l’intervention de Mme Fourest. Sur le traitement qu’elle a fait du vidéaste palestinien assassiné, – sur lequel elle a ironisé « on l’a vu mourir des dizaines de fois », le CDJM estime que Mme Fourest « manque de prudence en reprenant sans recul des accusations ou des documents diffusés par la communication du gouvernement israélien, qui ont été démontrés, après enquête, comme inexacts. »

Sur l‘affirmation de Caroline Fourest selon laquelle l’ONU aurait changé ses critères pour constater la situation de famine à Gaza, et n’aurait pas appliqué les mêmes critères que pour tous les autres conflits du monde, le CDJM constate après vérification que « Mme Fourest reprend donc au premier degré et sans recul les affirmations du gouvernement israélien sur ce point, qui ont été précédemment dénoncées comme inexactes par des enquêtes de presse ».

Sur le 3ème point consistant à dire que la Cour internationale de Justice se serait contentée pour motiver un risque de génocide, de reprendre des déclarations de deux ministres israéliens et d’une rapporteure de l’ONU qu’elle décrit comme radicalisée et « pro-Hamas » , le CDJM arrête que « Mme Fourest jette le discrédit sur une décision qui avait d’autres fondements et donne une information parcellaire, donc inexacte. Sur ce point, le grief de non-respect de l’exactitude est fondé. »

Malheureusement, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) n’a pas de pouvoir de sanction juridique ou disciplinaire. Il ne peut ni condamner une journaliste, ni infliger d’amende, ni imposer un retrait d’antenne ou une interdiction professionnelle. Mais il est clair désormais que la liberté de Fourest consiste surtout à compiler toutes les fake-news de la propangande israélienne.

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