En Bref...

Montpellier : une mobilisation à contretemps face au drame des civils en Iran

Sur la place de la Comédie, ce samedi 21 mars, la communauté iranienne de Montpellier s’est encore rassemblée. Une mobilisation portée par des slogans appelant à la chute de la République islamique, organisée au moment même de Norouz, fête du renouveau inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

Mais le contexte international impose une lecture plus attentive. Alors que des civils sont pris dans l’escalade militaire en Iran suite à l’attaque dite « présentive » d’Israël et des USA, que les frappes se poursuivent et que la perspective d’un cessez-le-feu s’éloigne, la scène montpelliéraine surprend. Si le droit de manifester est fondamental, le sens du moment choisi laisse coi…

Car célébrer le renouveau tout en appelant à un basculement politique, à des milliers de kilomètres du théâtre des opérations, crée un décalage difficile à ignorer. L’image d’une table de Norouz dressée face à l’opéra contraste avec celle, bien réelle, de populations exposées aux bombardements.

L’indécence n’est pas tant dans l’engagement que dans son moment. Elle naît du contraste. Entre la gravité d’une situation où des vies sont en jeu, et une mobilisation qui, ici, relève du symbôle et d’un parti pris loin d’être unanime dans la diaspora iranienne. Entre l’urgence humanitaire et la mise en scène politique. Montpellier n’est pas Téhéran. Et parfois, la distance oblige à plus de retenue que d’affirmer un soutien à Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran et héritier de la dernière dynastie royale.