Après les dernières pluies, le comité des usagers de l’eau du Bassin de Thau remonte à la charge

Étang de Thau Huîtres structures de tables - Photo - Archives PLURIELLE INFO
Étang de Thau Huîtres structures de tables - Photo - Archives PLURIELLE INFO

Pour avoir pointé les niveaux de déversement des eaux usées en milieu naturel lors des épisodes pluvieux des 7 au 9 mars, le comité des usagers de l’eau du Bassin de Thau tire à nouveau le signal d’alarme et demande la fin du contrat avec Suez.

Etant donné que la sécurité sanitaire n’est pas assurée, le contrat de concession de l’assainissement attribué à Suez France/Thau Maritima doit être rapidement évalué par un audit indépendant et dénoncé dans le cadre de l’intérêt général” déclare-t-il dans un communiqué de presse qui détaille à la fois l’historique, pour ne pas dire le passif, vis à vis de la gestion des réseaux par Thau Maritima, et le résultat récent en terme de pollution.

10 ans de passif

Le comité rappelle que le concessionnaire SUEZ France/Thau Maritima devait effectuer des travaux sur les réseaux et installations pour un montant de 19 miillions d’euros sur 20 ans. Or de 2019 à 2023, seulement 18 km de réseaux ont été rénovés sur 631 km de réseaux de l’agglomération soit 0,58% par an ! En outre, le contrat passé entre l’agglo et Suez devait garantir zéro rejet dans le milieu naturel pour toute pluie inférieure à 78mm en 24 heures. Ce qui n’a pas été le cas, loin s’en fait.

Plusieurs épisodes pluvieux relevés par Météo-France comme inférieurs à ce niveau n’ont malheureusement pas été maîtrisés. A la suite de ces dysfonctionnements, des eaux usées ont contaminé le milieu naturel ; la présence de norovirus, indicateur bien connu des gastro-entérites hivernales, a été détectée.

Nouvelle alerte

Déjà en décembre 2022, 2023, 2025, le milieu naturel (ruisseaux proches de l’étang de Thau et étang de Thau) a subi des déversements d’eaux usées qui ont eu pour conséquence la mise en danger des écosystèmes de notre Bassin de Vie et de la population consommatrice de coquillages infectés par le norovirus.

Et lors du dernier épisode pluvieux du 7 au 9 mars 2026, ce sont, selon le comité, plusieurs milliers de mètres cubes d’eaux usées (détaillés poste par poste dans le communiqué), qui ont été déversés dans le milieu naturel sans que la population ne soit avertie de ces pollutions.

De plus, le comité des usagers attire l’attention de l’opinion et des pouvoirs publics sur le mauvais état de l’émissaire en mer qui déverse dans la mer, à 7 kilomètres seulement du rivage, les eaux usées traitées par la station d’épuration de Sète Eaux Blanches.

Constatant que l’équilibre des étangs de Thau, d’Ingril et du littoral est gravement fragilisé par l’artificialisation des sols, le comité demande d’arrêter l’urbanisation agressive du Bassin de Thau. Il recommande pour cela qu’un plan local d’urbanisme intercommunal soit proposé et élaboré avec la population avec l’objectif prioritaire la protection de l’environnement et de l’économie. Il préconise également que le Schéma de Cohérence Territoriale du Bassin de Thau soit modifié en intégrant un Schéma de Mise en Valeur de la Mer avec l’obligation de l’accord obligatoire des professionnels de la mer et des étangs pour protéger l’économie maritime.