La nouvelle épidémie liée au Hantavirus met en lumière une situation géopolitique mondiale inquiétante, caractérisée par un repli nationaliste dans un contexte de compétition inhérent au capitalisme dominant. Cela se traduit par un affaiblissement de l’ONU et des autres organisations internationales de coopération, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Cette situation n’est pas récente et date du premier mandat de Trump qui a suspendu les versements des Etats-Unis à cette organisation. La cotisation avait été rétablie par Biden mais elle a été de nouveau supprimée du fait du retour de Trump au pouvoir. A cela s’ajoute le démantèlement des organismes de santé publique dans ce pays, notamment les Center for Disease Control (CDC) dont l’expertise était reconnue dans le monde entier. La cerise sur le gâteau est la nomination d’un ministre de la santé antivax contestant systématiquement les données scientifiques pourtant clairement établies.
Cacophonie
Ce contexte se traduit actuellement par un manque cruel de coordination face à une situation somme toute assez simple d’un foyer épidémique survenant dans un espace clos, à savoir un bateau de croisière, qui plus est de petite taille. L’OMS, malgré la baisse de ses moyens, a joué son rôle en envoyant très rapidement un expert et en publiant des recommandations. Malheureusement, nous avons constaté une certaine cacophonie dans les procédures mises en œuvre avec des différences notables d’un pays à l’autre. A cela s’ajoutent des débarquements dans des conditions inappropriées et des rapatriements dans des avions de ligne, exposant ainsi des passagers à un risque de contamination qui aurait pu être évité.
Les virus ne connaissent pas de frontières
Nous aurions pu espérer que la crise COVID aurait apporté un certain nombre d’enseignements en faveur d’une coordination plus étroite entre l’ensemble des pays de la planète pour agir de manière uniforme. Car les virus ne connaissent pas de frontières et l’augmentation très importante des voyages d’un nombre toujours plus important de personnes augmente les risques d’extension de ce qui au départ est un foyer épidémique circonscrit, concernant un nombre très réduit de personnes.
Sauver les structures de coopération
Espérons que cette épidémie restera maîtrisée et circonscrite ! Cependant, cette situation qui s’ajoute aux évolutions géopolitiques, caractérisées par le remplacement de la diplomatie par la multiplication de conflits militaires sans plus aucun respect des règles mises en place au fil du 20e siècle et théoriquement acceptées par tous les pays, est plus qu’inquiétante. Nous vivons tous sur la même planète, épuisée par un productivisme effréné qui nuit fortement à la santé des populations. Si en plus nous laissons détruire les structures de coopération qui permettent au moins de limiter les dégâts dans certaines situations de crise, nous courrons à notre perte.
Il faut se rappeler que seules la coopération et la solidarité sont efficaces dans le domaine de la santé publique. C’est ce qu’il faut aujourd’hui imposer en urgence avant qu’il ne soit trop tard.
