La concertation publique autour du projet de transformation du site Amétyst entre dans sa phase concrète ce lundi 11 mai à Montpellier. Une première réunion publique est organisée à 18 h 30 salle Fernand-Pelloutier, à proximité du siège de la Métropole. Un rendez-vous qui s’annonce plus que passionnant et certainement très électrique, en espérant qu’il ne reste pas fumeux.
Maintenant on entre dans le dur : La création d’une unité de valorisation énergétique qui utilise des combustibles solides de récupération (CSR), fabriqués à partir de déchets non recyclables. Pour la Métropole de Montpellier, le projet doit permettre de réduire l’enfouissement et de limiter l’exportation massive des déchets hors du territoire. Les opposants alertent sur les risques sanitaires et environnementaux.
Depuis plusieurs jours, les appels à mobilisation se multiplient sur les réseaux sociaux. Des collectifs et militants écologistes dénoncent une bombe « sanitaire, écologique et financière », et ciblent les futures émissions atmosphériques. La Métropole défend une autre lecture, depuis la fermeture de la décharge de Castries en 2019, (qui possèderait un possible 3e casier disponible), environ 110 000 tonnes de déchets résiduels sont envoyées chaque année vers d’autres sites d’Occitanie pour enfouissement ou incinération. Selon les éléments de langage de la Métropole et de ses porteurs de projet, cela représente entre 4 000 et 4 500 trajets de camions par an et un surcoût estimé à 27 millions d’euros. La future unité CSR traiterait localement environ 45 000 tonnes annuelles, soit sa capacité maximale.
Le sujet ouvre également une nouvelle séquence politique pour la majorité de Michaël Delafosse. Désormais chargé des déchets à la Métropole, le maire de Castries Pierre-Marie Carvajal, nouveau monsieur déchets, hérite d’un dossier particulièrement sensible. Durant la campagne municipale, Michaël Delafosse avait affirmé qu’une mise en service du CSR permettrait une baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, des éléments qui restent à prouveret qui seront certainement apportés lors des différentes concertations des semaines à venir. Concertation riches d’ateliers thématiques et de contributions en ligne.
Le CSR n’est pas un simple « sac poubelle ménager »
Projet CSR d’Amétyst, attention au raccourci qui revient trop souvent qui consiste à présenter les combustibles solides de récupération comme de simples déchets ménagers valorisés localement. La réalité industrielle est bien plus complexe.
Les CSR ne correspondent pas aux poubelles domestiques brutes des habitants. Ils sont fabriqués après plusieurs étapes, notamment des refus de tri industriels, des résidus plastiques, du bois ou du papier non recyclable, issus de différentes filières de déchets. Le groupe Paprec, l’un des principaux acteurs français du secteur, décrit un processus industriel complet : broyage mécanique, suppression des poussières, séparation des matériaux, déferraillage puis granulation afin d’obtenir un combustible calibré à fort pouvoir calorifique. Une fois préparés, ces CSR servent à alimenter des chaudières industrielles, des cimenteries ou des unités de valorisation énergétique.
Autrement dit, le CSR relève d’une logique énergétique industrielle davantage que d’un simple traitement des déchets ménagers. Associer directement le futur incinérateur appelé aussi chaudière CSR à une baisse de la TEOM entretient-il une confusion politique ? Car la taxe d’enlèvement des ordures ménagères finance le service public de collecte et de traitement des déchets des habitants, alors que le CSR devient ensuite un combustible industriel destiné à produire de l’énergie.
