Invité de LCI dimanche 27 septembre, Antoine Léaument a livré une prestation politique assez rare dans ce type de débat télévisé : vingt minutes sans esquiver les sujets qui fâchent, de la religion à la police, en passant par Robespierre, l’IVG, le Sénat et les quartiers populaires. Avec un fil conducteur : la République garantit des droits, elle n’impose ni croyance ni morale.
Face aux images de la visite du pape Léon XIV, Antoine Léaument évite soigneusement le procès en religion. Son raisonnement est ailleurs : appliquer les mêmes principes à tous les cultes, sans démagogie ni traitement à géométrie variable. Si une manifestation publique de la foi catholique est considérée comme compatible avec la République, pourquoi les mêmes libertés seraient-elles contestées lorsqu’il s’agit d’autres religions ? Une façon de ramener le débat à son véritable terrain : non pas ce que chacun pense des religions, mais l’égalité devant la loi et la liberté de conscience.
« La laïcité, c’est une loi de liberté », rappelle-t-il, qui garantit le libre exercice des cultes. Et le député n’oublie pas les quelque 50 % de Français qui n’ont aucune religion.
Même cohérence lorsque le débat dérive vers Robespierre. Antoine Léaument replace 1789 dans son contexte historique, celui d’une rupture avec une Église qui constituait aussi une puissance temporelle, possédait des terres et prélevait la dîme. Sa formule résume sa conception de la laïcité : « que la religion soit chez elle et que l’État soit chez lui », les parlementaires restant ceux qui font la loi.
Sur les sénatoriales, Gabriel Amard vient de devenir le premier sénateur élu sous l’étiquette LFI dans le Rhône, tandis que Marc Péré a été élu en Haute-Garonne à la tête d’une liste réunissant notamment LFI et les écologistes. Antoine Léaument n’en profite pourtant pas pour sanctuariser le Sénat : il le juge « un petit peu sclérosé » et renvoie à la VIe République le débat sur le maintien d’une ou deux chambres.
Arrive alors la rédaction de LCI qui oppose morale religieuse et loi sur l’IVG ou la fin de vie. Antoine Léaument répond simplement : « L’évasion fiscale, c’est légal, c’est pas nécessairement moral. » Puis il distingue conviction individuelle et droit collectif : l’IVG comme l’aide à mourir ouvrent une possibilité, elles n’obligent personne à y recourir.
Même lorsque le ton monte sur la police, il refuse l’alternative entre soutien inconditionnel et hostilité aux forces de l’ordre. « J’ai pas de problème avec l’exercice du métier de policier », dit-il, tout en refusant qu’une mère puisse avoir peur de voir son enfant croiser la police. Sur les stupéfiants, il oppose au procès en angélisme son rapport parlementaire de 300 pages et ses propositions : police judiciaire, renforcement des douanes et légalisation du cannabis.
Antoine Léaument réussit à déjouer le rouleau compresseur du groupe Bouygues propriétaire de LCI et TF1 : ne pas accepter les cases préparées pour lui. Catholiques contre musulmans, police contre quartiers, croyants contre partisans de l’IVG, ordre contre gauche : à chaque fois, il revient aux droits, à la loi et à l’égalité de traitement. Une manière de débattre qui oblige le contradicteur ou les propagandistes à discuter du fond plutôt qu’à combattre une caricature.
[VIDEO] Le 27 septembre 2026, Antoine Léaument était l’invité de LCI :
Groupe Bouygues
Le groupe Bouygues est l’actionnaire majoritaire du groupe TF1. Le groupe détient plusieurs chaînes de télévision en clair et thématiques, parmi lesquelles :TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI (La Chaîne Info).
