Le MV Hondius approche lentement des Canaries, mais l’histoire est déjà devenue un casse-tête sanitaire international. Depuis plusieurs jours, ce navire d’expédition polaire est au centre d’une surveillance mondiale après l’apparition d’un foyer d’hantavirus ayant déjà provoqué plusieurs décès parmi les passagers.
Dimanche, le bateau doit arriver à Tenerife sous haute surveillance. À bord, plus de cent passagers de plus de vingt nationalités différentes, dont cinq Français. Et désormais une question qui inquiète les autorités : comment rapatrier ces voyageurs sans prendre le moindre risque sanitaire ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé six cas d’infection liés au virus des Andes, une forme rare d’hantavirus observée en Amérique du Sud. Deux autres cas restent considérés comme probables. Ce virus intrigue particulièrement les scientifiques, car, contrairement à la majorité des hantavirus transmis par des rongeurs contaminés, le virus des Andes a déjà montré dans certains cas une possible transmission entre humains.
C’est cette hypothèse qui explique l’ampleur du dispositif mis en place autour du navire.
Les États-Unis ont déjà annoncé un vol spécial pour leurs ressortissants. La France, l’Allemagne, la Belgique ou encore les Pays-Bas préparent également des rapatriements encadrés. L’objectif est d’éviter que des passagers potentiellement exposés se retrouvent dispersés dans des vols commerciaux classiques sans suivi médical immédiat.
Car le principal danger réside désormais dans le temps d’incubation du virus. Une personne peut sembler en parfaite santé pendant plusieurs jours avant de développer brutalement de la fièvre, des douleurs musculaires ou des difficultés respiratoires graves.
À Singapour, deux passagers revenus du navire ont été testés négatifs, mais restent malgré tout placés en quarantaine durant trente jours. Les autorités sanitaires considèrent qu’un test négatif immédiat ne suffit pas à exclure totalement une contamination.
À Tenerife, l’Espagne prépare ce qu’elle qualifie elle-même d’« opération inédite ». Ni les bagages ni le corps d’une victime décédée à bord ne seront débarqués immédiatement. Une partie de l’équipage restera également confinée sur le navire, qui doit ensuite repartir vers les Pays-Bas.
Pour les scientifiques, les prochains jours seront décisifs. Si aucun nouveau cas n’apparaît après le débarquement, l’épisode pourrait rester limité. Mais si des contaminations secondaires sont détectées dans plusieurs pays, cette croisière antarctique pourrait devenir l’un des événements sanitaires les plus surveillés de l’année.
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