À Vauvert, dans le Gard, les premières décisions du maire RN Nicolas Meizonnet ont encore pris une dimension nationale mercredi 20 mai avec la venue des députés La France insoumise Raphaël Arnault et Thomas Portes.
Les deux parlementaires ont participé à un rassemblement organisé par des personnalités locales suite à des suppressions d’événements culturels et de véritables atteintes au tissu associatif.
La plus commentée concerne l’annulation de l’exposition photographique « Chroniques vauverdoises » de l’artiste Sylvain Brino. Le maire a justifié ce choix en évoquant les prises de position politiques du photographe sur les réseaux sociaux et une volonté de réaliser des économies budgétaires… jusqu’à prétendre vouloir « baisser les impôts ». Vu la somme plus que modique de l’exposition, l’interdiction sera à coup sûr sans aucun effet fiscal. Dans la foulée, le festival « Jazz à Vauvert » a également été supprimé de la programmation municipale 2026 alors qu’il en était à sa 23e édition. Autant dire une authentique tradition. Le festival a finalement été relocalisé à Vergèze.
Ces décisions ont déclenché une mobilisation d’acteurs culturels, d’associations et d’éditeurs, notamment autour d’une pétition dénonçant une « censure culturelle ». Naît un climat de tensions inédites dans cette commune gardoise de 11 500 habitant·es jusqu’ici tranquille et conviviale.
[VIDEO] Raphaël Arnault et Thomas Portes à Vauvert :
Ce 20 mai 2026, devant plusieurs dizaines de participant·es réunis pacifiquement au rond-point de la Condamine, Raphaël Arnault a défendu le rôle de la culture dans le débat démocratique. « C’est normal que ça les dérange parce que la culture vient interroger la société dans laquelle on vit », a déclaré le député du Vaucluse. « Elle permet aussi le partage. Elle permet l’échange. Voilà tout ce qu’ils veulent aplatir pour nous imposer un récit national aussi bête, aussi stupide et aussi violent que ce que propose le Rassemblement national. »
« Oui, c’est une lutte antifasciste » Raphaël Arnault
Le parlementaire a également appelé à une mobilisation citoyenne durable contre l’extrême droite. « Oui, c’est une lutte antifasciste », a-t-il lancé, estimant que « le moment où les gens se saisissent de la politique » est aussi celui « où l’extrême droite et l’ensemble des politiques réactionnaires tombent ».
À ses côtés, Thomas Portes, fondateur de l’Observatoire National de l’Extrême Droite, a multiplié les références à d’autres municipalités RN pour dénoncer ce qu’il considère comme des signaux politiques préoccupants. « Beaucoup parlent du danger de l’extrême droite, mais concrètement quand votre ville bascule dans l’escarcelle du RN, vous voyez rapidement les conséquences », a affirmé le député de Seine-Saint-Denis. Il a notamment cité à Carcassonne « les arrêtés anti-mendicité », « la suppression des subventions à la Ligue des droits de l’homme » ou encore « la baisse des aides aux associations ». Selon lui, ces choix touchent d’abord « les gens les plus fragiles » dans des territoires déjà confrontés au recul des services publics.
Les deux députés ont également insisté sur la portée nationale de leur déplacement. « Ce qui se passe sur l’ensemble du territoire national nous concerne », a déclaré Thomas Portes. « Notre rôle de parlementaires, il est d’être partout sur le territoire de la République », a-t-il ajouté, affirmant vouloir porter « une forme de protection et d’espoir » auprès des habitant·es mobilisé·es.
La municipalité de Nicolas Meizonnet défend de son côté hypocritement une réorientation budgétaire assumée, affirmant vouloir privilégier des événements jugés plus « populaires » dont on attend de pouvoir mesurer les effets budgétaires. Car à Vauvert comme ailleurs, la bataille politique et symbolique autour de la culture renvoie à celle qui s’installe à l’échelle nationale entre d’un côté la concentration des moyens de production et de diffusion et de l’autre le recul des politiques publiques.
