Un collectif s’est constitué à Sète pour participer activement à la marche du 26 septembre « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ». Composé des organisations nationales présentes à Sète, telles que ATTAC, la LDH, Alternatiba, Les écologistes, LFI, et le PCF, il associe également des associations locales comme le collectif Bancs Publics, le Collectif des visites citoyennes du CRA de Sète, le Comité des usagers du bassin de Thau du cycle de l’eau.
Ce collectif ne se contente pas de s’associer au texte de l’appel national, il s’attache à décliner ses alertes et revendications à l’échelle de son territoire et l’a fait savoir dans un communiqué publié le 23 septembre.
Pour toutes ces organisations agissant localement, « Sète et son agglo sont menacées par le réchauffement climatique, comme l’a montré cet été de canicules, ce climat andalou, des températures record, 41 degrés, le 8 juillet 2026. Beaucoup d’habitants ont suffoqué dans leurs logements, passoires thermiques, sans secours des autorités. Et malgré les 26°09 de ce 23 septembre, rien de prévu non plus pour les écoles. Ni prévision ni atténuation, les politiques publiques aggravent la catastrophe annoncée, » dénoncent-elles. Sète a bien été citée cet été comme l’une des communes les plus chaudes de France, malgré sa situation maritime.
Puis le communiqué dresse la liste des sujets qui fâchent et inquiètent : le bétonnage des plus grandes places de Sète alors que sévit la sécheresse, « les arbres y meurent, sans eau souterraine, sans pluie, la végétation jaunit, les habitants et les enfants fuient » , une urbanisation massive, le surtourisme, les rues rendues irrespirables par la circulation automobile , avec en plus le trafic des bateaux de croisière et des ferries, à tel point que l’air y est très régulièrement classé « Mauvais » par Atmo. Il dénonce également la prééminence du transport routier, alors que le projet de ligne LGV se fera au détriment des trains du quotidien, au prix de la destruction d’espaces naturels et agricoles et menaçant les sources d’eau potable à commencer par celle d’Issanka. Il cite encore les risques d’inondations, les problèmes de circulation d’eau souterraine, les déversements pollués dans les canaux et dans l’étang menaçant les équilibres entre mer et étang.
Le réchauffement climatique constitue aussi des dangers pour l’étang : risques de maladies pour les huîtres et les moules, qui le font respirer, menaces pour les centaines de conchyliculteurs et petits métiers, qui l’entretiennent. « Ce site naturel et ses activités sont vitaux pour Sète. Sans eux, l’étang devient un danger sanitaire, un cloaque… et notre ville sera vouée à la spéculation immobilière, et à des activités saisonnières, synonymes de précarité. »
Au diapason de l’appel national, les organisations locales font leurs l’exigence d’un plan d’urgence pour protéger la population : des lieux frais accessibles à toutes et tous, des écoles, crèches, hôpitaux et EHPAD adaptés aux fortes chaleurs, une meilleure protection des travailleurs, un toit pour chacune et chacun, ainsi que des moyens suffisants pour les secours. Les agriculteurs victimes des catastrophes doivent également être soutenus et la protection de la faune intégrée aux dispositifs de crise.
Les formations sétoises appellent à un rassemblement samedi 26 septembre à midi sur la très emblématique place Aristide Briand, haut lieu de combat contre l’abattage des arbres et l’artificialisation des sols, pour un pique-nique tiré du panier et un départ collectif vers la gare pour se rendre à la Marche de Montpellier par le TER de 13 h 50.
