Étudiants extra-européens : le gouvernement veut verrouiller les frais universitaires différenciés

Montpellier mobilisation contre les frais universitaires différenciés - Photo - DR ON
Montpellier mobilisation contre les frais universitaires différenciés - Photo - DR ON

Le gouvernement prépare un décret qui pourrait profondément modifier l’accès à l’université pour les étudiants non ressortissants de l’Union européenne. Derrière un texte technique, c’est un changement de philosophie qui se joue : faire des frais d’inscription majorés la règle, et les exonérations l’exception.

Depuis le plan « Bienvenue en France » lancé en 2019, les étudiants extra-UE peuvent déjà être soumis à des frais fortement majorés : 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre 178 euros et 254 euros pour les étudiants européens. Mais dans les faits, une grande partie des universités contournaient le dispositif grâce à des exonérations massives votées localement.

Le futur décret porté par le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste vise précisément à limiter ces marges de manœuvre. Plusieurs universités, syndicats et associations dénoncent un texte imposé sans réelle concertation et craignent une chute du nombre d’étudiants internationaux issus des classes populaires.

France Universités, qui représente les présidences d’université, parle d’un « coup porté à l’autonomie des universités » et alerte sur les conséquences pour la recherche française, très dépendante des doctorants étrangers.

Les opposants dénoncent également une contradiction politique : alors que l’exécutif affiche l’objectif d’accueillir davantage d’étudiants internationaux, il augmente brutalement le coût des études et restreint parallèlement certaines aides sociales comme les APL pour les étudiants extra-européens non boursiers.

À Montpellier comme dans plusieurs villes universitaires, des mobilisations étudiantes ont été organisées mardi 12 mai contre ce projet de décret. Le projet de décret n’est pas encore publié sur Légifrance à ce stade. Il circule toutefois dans les instances universitaires et a été présenté au CNESER début mai.

Bon à savoir

Montants concernés

  • Licence : 2 895 €
  • Master : 3 941 €
  • contre 178 € et 254 € pour les étudiants européens.

 

Qui est concerné ?
Les étudiants non ressortissants de l’Union européenne inscrits dans l’enseignement supérieur public français.

Ce qui change
Jusqu’ici, les universités pouvaient exonérer largement les étudiants étrangers. Le gouvernement veut limiter ces exonérations à des cas précis et encadrés.

Argument du gouvernement
Renforcer « l’attractivité » et financer davantage l’accueil des étudiants internationaux.

Critiques formulées

  • sélection sociale par l’argent ;
  • baisse attendue des inscriptions ;
  • fragilisation de la recherche ;
  • remise en cause de l’égalité d’accès à l’université.

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