Un éditorial récent dans une revue médicale réputée titre : « Cancer colorectal : un scandale sanitaire de plus ? » En effet, ce cancer est le deuxième en termes de mortalité en France avec 17 000 décès par an.
Le constat est sévère avec une affirmation qui met les pieds des plats : « Il est faux et simpliste de réduire les causes du cancer colorectal aux seuls comportements individuels. Cela culpabilise l’individu, rendu responsable de son propre malheur, et occulte les causes environnementales, conséquences de choix politiques privilégiant les intérêts économiques au détriment des intérêts économiques immédiats des industriels agroalimentaires et de la chimie au détriment des risques sanitaires. » Ce texte rédigé par un éminent spécialiste est salutaire et interpelle sur les enjeux politiques actuels.
Des choix politiques meurtriers
En effet la santé est devenue une des premières préoccupations des Français.es, mais le gouvernement n’en a cure et déroule sa politique néolibérale encourageant une fuite en avant de l’agriculture industrielle, dopée aux subventions et dépendante des intrants et des pesticides. L’épisode de la loi Duplomb est révélateur de ces choix politiques meurtriers en faveur du monde de l’argent.
Les conséquences sont déjà visibles. La France est dans le top 10 des pays les plus touchés par les cancers et elle est aussi celui qui fait partie de ceux qui utilisent le plus d’engrais et de pesticides au monde. La population française est ainsi exposée à une pollution de l’eau, des sols, de l’air et des aliments par de nombreuses substances toxiques à l’origine de cancer mais aussi d’autres troubles graves de la santé comme ce qui vient d’être récemment dénoncé avec le cadmium.
Face à ce constat, certains parlent avec raison de « maladies politiques ». Ce qui est particulièrement scandaleux est qu’une partie des médecins, ce qui fait grandement plaisir aux dirigeants politiques néolibéraux, dénoncent une soi-disant instrumentalisation en insistant sur le fait que les véritables leviers de prévention reposent notamment sur le tabac et l’alcool.
Les profits valent plus que nos vies
La question n’est pas de nier les multiples facteurs influant négativement sur le bon état de santé de tout un chacun. Mais, il faut être clair sur le fait que de nombreuses actions sont menées en termes de santé publique pour lutter contre les méfaits de certains comportements individuels. Mais pourquoi les politiques de santé publique ne se préoccupent-elles pas de causes qui sont subies et ne peuvent être modifiées par des actions individuelles ? La réponse est claire et peut être énoncée brutalement par un slogan bien connu : les profits valent plus que nos vies.
Il y a donc urgence à stopper ces politiques meurtrières. Ce doit être un des enjeux du débat politique et n’en déplaise à certains, parler de maladies politiques permet de caractériser un certain nombre de causes qui, même si elles ne sont pas uniques, pèsent lourdement sur le développement et l’augmentation d’un certain nombre de cancers.
