Accord UE-Mercosur : la rupture politique actée, les députés insoumis déposent une motion de censure

Mobilisation des agriculteurs, métropole de Montpellier - Photo - Jean-Philippe Vallespir
Mobilisation des agriculteurs, métropole de Montpellier - Photo - Jean-Philippe Vallespir

La validation donnée par les États membres de l’Union européenne à la signature définitive de l’accord UE-Mercosur marque un tournant politique délétère. Pour les députés de La France insoumise, à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen, cette décision acte l’abandon du monde agricole par l’exécutif français et par la Commission européenne.

Les élu·es insoumis·es dénoncent l’accord de libre-échange le plus vaste jamais négocié par Bruxelles, et qu’ils jugent aussi le plus nocif. Sur le plan agricole, le traité prévoit l’ouverture accrue du marché européen à des centaines de milliers de tonnes supplémentaires de viande, de produits laitiers, de céréales, de miel ou de sucre en provenance des pays du Mercosur. Autant de productions déjà réalisées en Europe, qui viendraient, selon eux, écraser davantage des agriculteurs fragilisés par des années de crises économiques.

LFI pointe une concurrence structurellement faussée. Les produits issus des fermes industrielles brésiliennes ou argentines ne répondent pas aux mêmes exigences sociales, sanitaires, environnementales ni de bien-être animal que celles imposées aux producteurs européens. Une asymétrie qui rendrait toute notion de « concurrence loyale » théorique.

Dans ce contexte, l’opposition affichée d’Emmanuel Macron à l’accord est qualifiée d’artificielle. Les député·es rappellent que, malgré plus de huit années au pouvoir, le chef de l’État n’a jamais constitué un rapport de force crédible au niveau européen. Pourtant, le vote à l’unanimité d’une résolution portée par la France insoumise à l’Assemblée nationale donnait un mandat clair au gouvernement pour bloquer l’accord.

Face à la colère agricole, la Commission européenne, présidée par Ursula von der Leyen, et le gouvernement français sont accusés d’avoir empilé des mesures symboliques. Clauses de sauvegarde jugées inactivables, annonces sur la PAC assimilées à des avances sur un budget en baisse, contrôles sur les pesticides importés considérés comme incomplets : rien, selon LFI, ne modifie la nature profonde du traité.

Plus grave encore, les élu·es dénoncent une dérive antidémocratique. La présidence du Conseil de l’UE a ouvert la voie à une application provisoire de l’accord avant même le vote du Parlement européen. Une méthode qualifiée de coup de force institutionnel.

Les députés insoumis·es ont décidé de monter la riposte d’un cranu. Estimant que l’exécutif français a perdu toute crédibilité dans le combat contre l’accord UE-Mercosur, ils ont déposé une motion de censure contre le gouvernement conduit par Sébastien Lecornu. Pour elleux, « l’humiliation de la France à Bruxelles » constitue le bilan direct de la stratégie présidentielle. Reste que cette motion de censure devrait être examinées mercredi 14 janvier. En théorie, elle ne devrait pas être adoptée, car le PS, dont les voix sont indispensables, a annoncé qu’il ne la soutenait pas.

Si le feu vert des États membres constitue une étape décisive, le processus n’est pas achevé. Le Parlement européen devra encore se prononcer, et une résolution visant à saisir la Cour de justice de l’Union européenne, portée par les élu·es insoumis·es et 145 cosignataires, pourrait retarder de plusieurs années l’entrée en vigueur du traité. La France insoumise affirme maintenir une opposition totale à un accord qu’elle juge incompatible avec l’agriculture, le climat, la santé publique et les droits humains.

France Travail Occitanie en souffrance - Photo - PLURIELLE INFO

France Travail Occitanie en souffrance

Philippe Saurel juge sévèrement le Plan Local d'Urbanisme Intercommunal - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO

Métropole de Montpellier : Philippe Saurel juge sévèrement le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal

François Commeinhes maire de Sète - Photo PLURIELLE INFO

François Commeinhes : De l’affairiste au délinquant ?

Share via
Copy link