Venezuela : ce que dit la France, ce que font les États-Unis, ce que cela implique

Donald Trump attaque le Venezuala et enlève Nicolás Maduro - Photo - Live screen CNN
Donald Trump attaque le Venezuala et enlève Nicolás Maduro - Photo - Live screen CNN

Janvier 2026, Donald Trump attaque le Venezuela et enlève Nicolás Maduro et son épouse. La France a réagi officiellement par la voix de son ministre des Affaires étrangères, à une opération américaine qui aurait conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, Jean-Noël Barrot rappelle une ligne constante de la diplomatie française : « aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur. »

Le Quai d’Orsay condamne explicitement le recours à la force, jugé contraire au principe de non-recours à la force inscrit dans la charte des Nations unies. Tout en reprenant l’alibi états-unien de la confiscation du pouvoir par Maduro et des atteintes aux libertés fondamentales imputées au régime chaviste, la France refuse de valider une intervention militaire étrangère, quand bien même serait-elle justifiée, de sources américaines, par des accusations pénales lourdes.

Du côté américain, Nicolás Maduro serait poursuivi devant le Southern District of New York, une juridiction fédérale de première instance basée à New York, compétente pour des affaires criminelles majeures, notamment en matière de trafic de drogue et de criminalité financière internationale. Ce tribunal a déjà jugé plusieurs chefs d’état ou de gouvernement étrangers extradés vers les États-Unis, dont l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández. Il est cependant à noter que l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport 2025 ne mentionne pas le Venezuela parmi les « principaux pays identifiés comme sources et destinataires finaux ou intermédiaires des expéditions de cocaïne » . Le journal l’Humanité a consulté le site de la DEA (l’agence étasunienne de lutte contre la drogue) relevant ainsi que : « l’agence n’apporte non seulement aucune preuve d’une quelconque intervention du gouvernement vénézuélien, mais même aucune mention dans les activités des cartels de la drogue. Au contraire, ce pays apparaît comme parmi les moins impliqués dans ce genre d’activités, loin de la Colombie, le Pérou, le Mexique, Équateur, la Bolivie« .

Le motif réel de l’intervention trumpiste est manifestement ailleurs, ce que confirment d’anciennes déclarations(1) de Trump affirmant sa volonté de reprendre la main sur le pétrole vénézuélien. En tout état de cause, cette action militaire renforcerait la pratique d’extraterritorialité du droit américain et poserait une question majeure d’équilibre et de droit international : celle de la légitimité d’arrestations militaires ciblées décidées unilatéralement par une puissance membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU.

En affaiblissant les principes qu’elles sont censées garantir, les grandes puissances contribuent à une instabilité globale accrue très lourde de conséquences pour le maintien de la paix et la souveraineté des peuples.

(1) Après avoir imposé un blocus commercial au Venezuela en 2017, provoquant une véritable famine, Trump a déclaré pendant sa campagne électorale de juin 2024 : « Quand j’ai quitté la Maison blanche en 2021, le Venezuela était au bord de l’effondrement. Nous aurions pris le pouvoir et aurions mis la main sur tout ce pétrole, qui se trouvait juste à côté. »
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