En reconnaissant l’absence de faits établis tout en construisant un récit focalisé sur un seul parti, Le Monde entretient une ambiguïté intellectuellement problématique et fait la démonstration de l’art de rester en deçà du seuil juridique de la diffamation, dans la construction d’un soupçon.
L’article signé par Christophe Ayad se présente comme distancié, presque sceptique, à l’égard de la commission d’enquête parlementaire sur les liens supposés entre responsables politiques et islamisme. Reste que cette posture masque pourtant un cadrage profondément asymétrique, pour ne pas dire partisan, qui hiérarchise l’information de manière à maintenir un soupçon politique là où les faits, y compris ceux issus des services de renseignement auditionnés, ne permettent pas de leur donner le moindre fondement.
Le quotidien reconnaît explicitement que la commission n’a mis au jour aucun « lien structuré démontrable » entre partis politiques et mouvements islamistes. Ce constat central, confirmé noir sur blanc par le rapport parlementaire, est toutefois immédiatement relativisé par un long développement presque exclusivement consacré à La France insoumise, comme si l’absence de preuve devenait secondaire face à une accumulation d’exemples, d’allusions et de rapprochements.
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