Procès du RN : la défense mouvante de Marine Le Pen ridiculise sa parole politique

Bardella Le Pen et siège du RN - Photo - Screen YT
Bardella Le Pen et siège du RN - Photo - Screen YT

Le réquisitoire du parquet général, mercredi 4 février 2026, marque un nouveau tournant judiciaire pour Marine Le Pen. Cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire ont été requis en appel dans l’affaire des détournements de fonds publics du Rassemblement national.

Déjà condamnée en première instance, la cheffe de file de l’extrême droite voit son horizon présidentiel sérieusement se brouiller.

Mais au-delà du fond, c’est la ligne de défense qui interroge. En première instance, Marine Le Pen plaidait « l’innocence », en niant avoir commis la moindre irrégularité ou acte illégal Problème : en Appel, elle invoque désormais la « négligence » et elle admet désormais la possibilité d’une faute non intentionnelle sans reconnaître une intention criminelle. Mais les réquisitions du parquet sont sans ambiguïté : « il s’agit d’une organisation systémique, durable, assumée et dirigée par la tête du parti ».

Parole politique cassée

Deux stratégies incompatibles, qui fragilisent sa parole politique autant que judiciaire. Difficile, dans ces conditions, de se poser en victime d’un prétendu « acharnement » quand la version des faits évolue au gré des audiences.

Condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans de prison dont deux ferme, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et 100 000 euros d’amende, elle joue désormais la montre. Officiellement, la décision de se présenter ou non en 2027 sera prise après l’arrêt de la cour d’appel, attendu à l’été. En coulisses, la perspective d’un passage de relais à Jordan Bardella devient de moins en moins taboue. Le paradoxe est que si le dauphin n’a pas été poursuivi dans cette affaire de détournement de fonds par financement d’emplois fictifs, il n’en demeure pas moins qu’aucune preuve de travail effectif pour l’eurodéputé dont il était assistant en 2015 n’a pu être apportée, ce qui tend à prouver sa complicité avec le système aujourd’hui condamné.

Reste donc une question : comment prétendre incarner l’ordre et la probité quand la défense oscille entre déni et minimisation des faits établis par la justice ? Sur ce terrain, leur discours politique peine à masquer les contradictions.

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