À un peu plus d’un an de l’échéance présidentielle, le parti Les Républicains (LR) tente de clarifier sa stratégie. Réuni le 24 mars, son bureau politique a validé trois options pour désigner son candidat à l’élection de 2027. Le choix final reviendra aux adhérents, appelés à voter en avril.
Première possibilité : une primaire interne. Dans ce cas, seuls les militants LR départageraient les prétendants. Deuxième option : une primaire élargie aux sympathisants, sur un modèle plus ouvert, déjà expérimenté par la droite dans le passé. Enfin, troisième scénario, plus direct : la désignation automatique du président du parti, Bruno Retailleau, comme candidat. Élu à la tête de LR en mai 2025 et déjà en lice pour l’Élysée depuis février, il pourrait ainsi être investi sans compétition interne.
Derrière ces modalités techniques se joue une question stratégique : celle de l’unité. Plusieurs figures du parti, comme Valérie Pécresse ou Jean-François Copé, plaident pour une candidature unique de la droite et du centre, estimant qu’une division serait fatale dès le premier tour. Une ligne également soutenue par certains élus, qui appellent à dépasser le seul cadre partisan.
Lisnard, le départ
Mais cette orientation ne fait pas consensus. Le maire de Cannes, David Lisnard, a annoncé son départ du parti, dénonçant un processus biaisé et insuffisamment ouvert. D’autres responsables, comme Laurent Wauquiez, critiquent des options jugées trop internes et peu adaptées à l’état réel de la droite dans l’opinion.
En toile de fond, une forte inquiétude : la capacité du futur candidat LR à s’imposer dans une compétition dominée par des figures déjà installées, comme Édouard Philippe. Certains redoutent qu’une désignation trop rapide, sans dynamique collective, ne fragilise encore davantage le camp conservateur.
Le vote d’avril devra trancher entre deux visions : celle d’un parti recentré sur ses adhérents, ou celle d’une droite élargie cherchant à reconstruire une offre politique crédible à l’échelle nationale.