Nouvelle victoire pour Bally Bagayoko, élu à la tête de Plaine Commune

Bally Bagayoko maire de Saint-Denis et Président de Plaine Commune - Photo - DR BB
Bally Bagayoko maire de Saint-Denis et Président de Plaine Commune - Photo - DR BB

Un mois après avoir conquis la mairie de Saint-Denis face au Parti socialiste, Bally Bagayoko poursuit son ascension politique. Mardi 21 avril, le maire La France insoumise a été élu président de Plaine Commune, l’une des plus puissantes intercommunalités d’Île-de-France, au terme d’une séance d’installation particulièrement tendue.

Avec 46 voix sur 79 suffrages exprimés, l’élu insoumis, soutenu notamment par les communistes, s’est imposé face au maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane. Une victoire hautement symbolique pour la France Insoumise, qui prend pour la première fois la tête d’un établissement public territorial de cette importance.

Plaine Commune regroupe 8 communes de Seine-Saint-Denis, dont Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen ou La Courneuve, pour près de 500 000 habitants. Cette structure dispose de compétences majeures : urbanisme, plans locaux d’urbanisme, gestion de l’eau, déchets, assainissement ou encore aménagement du territoire. Un levier stratégique dans un département en pleine transformation urbaine.

Déjà élu triomphalement dès le premier tour des municipales à Saint-Denis, Bally Bagayoko confirme ainsi son statut emblématique du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon. Dans son discours, il a tenté de désamorcer les accusations d’hégémonie politique : « Je ne concours pas à devenir président insoumis », a-t-il affirmé, assurant vouloir être « le président d’une coopérative de villes ».

L’ambiance s’est néanmoins rapidement crispée face à l’agité Karim Bouamrane, figure du PS et adversaire déclaré, voir enragé, de LFI. L’édile de Saint-Ouen avait même évoqué ces derniers jours une possible « crise » institutionnelle, en promoteur d’un chantage politique.

« À Saint-Ouen, nous sommes le plus grand contributeur net par habitant. Je peux me retirer », avait-il déclaré, menaçant de suspendre les contributions financières de sa commune, évaluées à plus de 26 millions d’euros annuels. Il accusait également LFI de vouloir transformer Plaine Commune en « outil d’hégémonie en vue de la présidentielle ». Avec le calme qui le caractérise, même au plus fort de la tempête raciste déchaînée contre lui, Bally Bagayoko a promis d’être « respectueux de l’ensemble des communes du territoire et de faire de Plaine commune un outil de lutte pour défendre des villes qui ont pu être malmenées ».

Au-delà du symbole, cette victoire offre désormais à la gauche authentique un outil politique et administratif de premier plan dans un territoire clé du Grand Paris. Elle s’ajoute à l’élection plus discrète de la communiste Méhadée Bernard à la tête de l’établissement public territorial (EPT) Grand-Orly Seine Bièvre, qui compte 730 000 habitants et des villes comme Villejuif, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine, Chevilly-Larue, Rungis, Savigny-sur-Orge.

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