Nouvelle potion amère pour les hôpitaux

CHU Gui de Chauliac -Photo - GoogleMap
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Face à la situation financière très difficile des hôpitaux, plusieurs rapports d’inspection interministériels viennent d’être publiés. L’un constate que le système hospitalier public va faire face à une augmentation de ses besoins de financement de plus 3 milliards d’euros par an, qui pourrait « mettre en péril la continuité de la prise en charge ».

Doux euphémisme qui ne caractérise pas un risque à venir, mais bien la situation actuelle. En effet, les ruptures de fonctionnement régulières des services d’urgence, des SAMU ou encore des maternités sont là pour le démonter. Ce qui est étonnant, c’est qu’un deuxième rapport publié quasiment le même jour explique une partie des causes de cette situation qui n’est pas mise en avant dans le premier.

Sous financement du « Ségur de la santé » et charge de la dette

En effet, l’État est clairement désigné comme le principal coupable, car il n’a pas compensé les hausses salariales du Ségur de la santé, mis en œuvre après la crise COVID face au constat du manque de moyens humains dans les hôpitaux. Le montant de ce sous-financement est évalué à 1,7 milliard entre 2020 et 2024 et s’accumule d’année en année. À cela s’ajoute une reprise insuffisante de la dette qui fait peser une charge annuelle de près d’un milliard pour les seuls intérêts versés aux banques. De ce fait, de nombreux établissements connaissent d’importantes difficultés de trésorerie qui se traduisent par un allongement des délais de paiement rendant insoutenables de nombreux projets immobiliers.

Fermeture de toutes les « petites » maternités

Le constat est clair, les difficultés que connaissent les hôpitaux sont bien liées essentiellement à un sous-financement acté par les gouvernements successifs mis en place par E. Macron.
Le plus inquiétant réside dans les solutions préconisées qui sont marquées de l’empreinte de la novlangue néolibérale. Il s’agit ainsi de faire appel à des « marges d’efficience internes plurielles » pour corriger une « dégradation de la performance interne » du fait d’une « productivité médicale en baisse ». Bien entendu, la suite du texte dévoile ce qui se cache derrière cette bouillie de langage : des suppressions d’emplois et des fermetures d’hôpitaux. Pour exemple, il est préconisé de fermer toutes les maternités en dessous de 1 300 accouchements par an.

Territoire contre commune

Bien entendu, ces glorieux experts ne cachent pas que leurs préconisations vont provoquer des réactions hostiles des élus et des populations locales, mais ils ont la solution : « Les enjeux du territoire doivent l’emporter sur une approche parfois trop étroite d’intérêts communaux ». Ils osent écrire cela à la veille d’élections municipales pour lesquelles une des premières préoccupations des électeurs est la santé.
Assez de ces experts qui nous considèrent comme des ignares et des incultes. Ce sont les mêmes qui expliquaient qu’il fallait réduire le nombre de médecins formés, car cela diminuerait les dépenses de la Sécurité sociale. Nous devons leur dire que les citoyens et les élus locaux ont un cerveau et qu’ils sont capables de connaître leurs besoins et de trouver des solutions tant organisationnelles que financières pour y répondre.

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