À Montpellier, la justice vient d’introduire une notion très curieuse dans le contentieux électoral : la célébrité. Mardi 13 octobre, le tribunal administratif a rejeté le recours de Rémi Gaillard contre les municipales de mars 2026. Les juges reconnaissent des dysfonctionnements dans la distribution des documents électoraux, mais estiment qu’ils n’ont pas faussé le scrutin. Parmi leurs arguments, la notoriété du candidat.
Rappel des faits. Avant le premier tour, la commission de propagande refuse la profession de foi de Rémi Gaillard, en raison de couleurs jugées trop proches du drapeau français. Le 10 mars, le tribunal administratif désavoue cette décision et ordonne l’envoi des documents. Mais des électeurs ne les recevront pas.
Gaillard produit 804 attestations de non-réception. Avec 7 145 voix, soit 8,21 %, il lui manquait 1 556 suffrages pour atteindre les 10 % nécessaires au maintien au second tour.
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Pour rejeter son recours, les magistrats retiennent notamment l’écart de voix, les défauts de distribution concernant plusieurs listes et la notoriété de Gaillard, qui disposait d’autres moyens de faire campagne.
Tiens donc ! Voilà qui mérite quelques explications. Une profession de foi officielle est adressée aux électeurs indépendamment de leur intérêt pour un candidat. Une publication sur les réseaux sociaux dépend, elle, des abonnements et des algorithmes. Les deux ne remplissent pas la même fonction démocratique.
Le tribunal ne prétend pas que la célébrité dispense l’État de ses obligations. Il considère que les irrégularités n’ont pas altéré la sincérité du scrutin. Nuance juridique essentielle. Mais pourquoi la popularité d’un candidat devrait-elle entrer dans l’appréciation des conséquences d’une défaillance administrative ? Et le cas Gaillard donne une nouvelle piste : faut-il être célèbre pour compenser les ratés de l’État, ou l’égalité électorale doit-elle précisément permettre de s’en passer ?
Rémi Gaillard dénonce une « tartufferie » et annonce saisir le Conseil d’État.
