Municipales 2026 à Montpellier : Nathalie Oziol passe à l’offensive

Livia Jampy, Rhany Slimane, Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, novembre 2025 Montpellier - Photo - Jean-Philippe Vallespir
Livia Jampy, Rhany Slimane, Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, novembre 2025 Montpellier - Photo - Jean-Philippe Vallespir

Rendez-vous devant l’hôtel de ville, le 28 novembre, Nathalie Oziol et ses trois co-chefs de file pour la campagne de la France insoumise de 2026 annoncent vouloir faire de Montpellier une « ville insoumise ».

Face au maire socialiste sortant Michaël Delafosse, la vraie rupture pour la commune et sa démocratie sera l’intervention directe des habitantes et habitants, un plan d’urgence pour le logement et une reconquête des quartiers populaires.  Le quatuor insoumis revendique une campagne « à plein régime » : meeting avec Manuel Bompard, porte à porte avec questionnaires, campagne d’inscription sur les listes électorales, dix-sept groupes de travail. Le programme doit être publié en janvier, avant la présentation de la liste.

Transparence sur les délibérations du conseil municipal

Nathalie Oziol défend une « culture de l’intervention populaire permanente ». Assemblées de quartier et consultations doivent, selon elle, permettre de suivre et discuter les décisions municipales. La tête de liste promet aussi plus de transparence sur les délibérations du conseil et la publication des financements municipaux versés aux médias locaux.

Sur le fond, la crise du logement domine. « Le prix de l’immobilier a été multiplié par trois depuis 30 ans » indique Antoine Bertrand qui plaide pour un « plan d’urgence logement » et évoque environ 3 000 personnes à la rue malgré la trêve hivernale et 12 000 à 18 000 logements vacants, chiffres rapportés par des associations, pour dénoncer « un aveu d’échec politique » de l’État, de la préfecture et de la municipalité.

Les insoumis·es avancent trois priorités : mieux protéger les locataires, avec une ville qui se porterait systématiquement partie civile contre les marchands de sommeil et les bailleurs contournant l’encadrement des loyers ; relancer fortement la construction de logements sociaux et étudiants ; créer un guichet unique du droit au logement cogéré avec les associations, assorti d’un observatoire public des loyers.

Quartiers populaires et la place de la jeunesse

Rhany Slimane, habitant de Saint-Martin, met l’accent sur les quartiers populaires, dans lesquels vit « une personne sur cinq » à Montpellier. L’insoumis dénonce une « ville à deux vitesses » et surnomme Michaël Delafosse « le maire de la Comédie », en référence aux investissements Place de la Comédie quand, selon lui, les grands ensembles des quartiers restent « abandonnés ».

Questions de sécurité dans l’espace public, il oppose une politique « sécuritaire, bruyante et jugée inefficace », incarnée par les opérations « place nette » et l’emploi de la police municipale en appui de la police nationale lors de manifestations, à un projet priorisant la prévention.

La liste de Nathalie Oziol promet de réintroduire des médiatrices et médiateurs de rue dans les quartiers et de recréer des postes de police municipale de proximité. Pour reconstruire la mixité sociale et mettre un terme aux soupçons de clientélisme, l’attribution des logements sociaux doit se faire en fonction de critères transparents, équilibrés et contrôlés.

Livia Jampy insistera sur la place de la jeunesse. Dans une ville étudiante, l’équipe veut faire de la précarité et de la santé mentale des jeunes des priorités locales. Porte à porte dans les cités universitaires, campagne d’inscription sur les listes électorales, développement de logements à bas loyers et renforcement des structures de prévention : autant de pistes avancées pour « reconnecter » une jeunesse jugée politisée, mais éloignée des institutions et du fonctionnement des collectivités.

Un « bloc de rupture » face au système socialiste

Cette conférence de presse a aussi clarifié la stratégie d’alliances. Nathalie Oziol dit vouloir constituer un « bloc de rupture » face au système socialiste local très macrono-solférinien dans les faits, et se dit prête à une liste commune avec le mouvement Cause commune d’Alenka Doulain et les écologistes, à condition que l’accord se bâtisse sur un socle programmatique aussi fort que l’a définit la Convention de la France insoumise pour les élections municipales 2026, le 23 novembre 2025.

Les discussions se poursuivent, directement avec Cause commune et plus discrètement avec Jean-Louis Roumégas. En attendant, Nathalie Oziol assume l’ambition d’arriver en tête dès le premier tour pour peser sur les 15 et 22 mars 2026 et offrir une municipalité « insoumise ». Un scénario loin d’être hypothétique au regard de la fébrilité d’un parti socialiste métropolitain qui a choisi la diabolisation plutôt que le débat, tandis que sa figure de proue Michaël Delafosse maquille sa fragilité politique derrière une avalanche d’inaugurations de fin de mandat.

Insécurité état d'urgence - Photo - PLURIELLE INFO

Un flic et un juge au chevet de la police républicaine : « le modèle suivi est un échec »

Béziers SBM en grève - Photo - DR

Grève : Usine SBM Formulation, les salariés renforcent leurs revendications

L'intelligence artificielle - Photo - Steve Johnson

Commerce et intelligence artificielle : une mutation en marche

Share via
Copy link