Moyen-Orient : l’Iran décapité, de ses plus hauts responsables

Manifestants devant le consulat américain au Pakistan après l'assassinat du guide suprême iranien - Photo - Associated Press
Manifestants devant le consulat américain au Pakistan après l'assassinat du guide suprême iranien - Photo - Associated Press

Au lendemain de frappes américaines et israéliennes d’une ampleur inédite, l’Iran confirme la mort de plusieurs de ses plus hauts responsables. Selon la télévision d’État iranienne, le chef d’état-major des forces armées, Abdolrahim Moussavi, le ministre de la Défense, Mohammad Pakpour, ainsi que le chef des Gardiens de la Révolution, Ali Shamkhani, ont été tués samedi « lors d’une réunion du Conseil de défense ».

Ces annonces interviennent après la confirmation du décès du guide suprême, Ali Khamenei, tué dans les frappes lancées par Israël et les États-Unis. À Téhéran, un deuil de 40 jours et sept jours fériés ont été décrétés. La transition du pouvoir doit être assurée par un triumvirat composé du président Masoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et d’un membre du Conseil des gardiens de la Constitution.

Escalade militaire revendiquée

À Washington, Donald Trump a menacé l’Iran de frappes « d’une force jamais vue » en cas de représailles. Malgré cet avertissement, des attaques ont visé Israël et des bases américaines dans le Golfe. Des explosions ont été signalées à Dubaï et au Qatar. Aux Émirats arabes unis, au moins deux personnes ont été tuées.

PUBLICITÉS

La France, de son côté, affirme ne pas avoir été associée à l’opération. Emmanuel Macron a indiqué que Paris « n’a été ni prévenue ni impliquée » et a appelé à une reprise du travail diplomatique, estimant que la question nucléaire iranienne ne saurait être réglée par la seule voie militaire.

Répercussions régionales immédiates

La tension dépasse déjà les frontières iraniennes. À Karachi, au Pakistan, six personnes ont été tuées et une douzaine blessées lors d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité après la tentative d’assaut du consulat américain. Des rassemblements ont également eu lieu à Lahore, selon Associated Press (AP).

En quelques heures, l’Iran a perdu son guide suprême, son chef d’état-major, son ministre de la Défense et le commandement des Gardiens de la Révolution. Une décapitation institutionnelle rare qui fragilise l’appareil d’État et accroît l’incertitude. Dans un contexte de représailles croisées, le risque d’embrasement régional apparaît désormais tangible.

• Articles les plus lus

Share via
Copy link