Mobilisation contre l’intervention américaine au Venezuela, « Trump casse-toi ! Caracas n’est pas à toi ! »

Manifestation STOP à l'agression US contre le Venezuela Montpellier 10 janvier 2025 - Photo - Jean-Philippe Vallespir
Manifestation STOP à l'agression US contre le Venezuela Montpellier 10 janvier 2025 - Photo - Jean-Philippe Vallespir

Une vingtaine d’organisations politiques, syndicales et associatives ont manifestaté samedi 10 janvier , au départ de la place Albert-1er à Montpellier, pour dénoncer l’intervention américaine au Venezuela et affirmer leur solidarité avec le peuple vénézuélien.

Cette mobilisation faisait suite à un premier rassemblement organisé le 3 janvier, place de la Comédie. Dans le cortège, rythmé par des slogans hostiles à Donald Trump, les manifestants ont scandé entre autres : « Trump casse-toi, Caracas n’est pas à toi », donnant le ton d’une mobilisation résolument anti-impérialiste.

Anomalie politique et ruée sur l’or noir

Alban Desoutter, membre de l’association la Libre Pensée et insoumis, interviewé le 10 janvier lors de la manifestation, confirme que la situation actuelle au Venezuela constitue une « anomalie politique ». Il estime que l’éviction du président Nicolas Maduro ne repose sur aucune légitimité démocratique et qu’elle ne peut être tranchée que par le peuple vénézuélien. « Ce n’est certainement pas à Trump, ni à ses alliés, de décider de l’avenir du Venezuela », et avance également un enjeu économique malsain : les ressources pétrolières du pays. Principe de réalité, l’intervention américaine est une ruée sur l’or noir qu’est le contrôle du pétrole vénézuélien, l’un des plus importants au monde.

« Quand les États-Unis parlent de démocratie, regardez l’Irak : ils ont laissé des centaines de milliers de morts, pas des urnes. » Alban Desoutter

Sur l’argument souvent avancé d’une intervention extérieure au nom de la démocratie, Alban Desoutter convoque le précédent irakien. « On nous a expliqué que l’Irak serait démocratisé. ce que cela a produit, ce sont des centaines de milliers de morts, des prisons comme Abou Ghraib et une occupation durable », déclare-t-il. Il réfute l’idée d’un impérialisme porteur de libertés et affirme que ces interventions aboutissent, toujours à l’installation de régimes soumis aux intérêts américains. « Quand les États-Unis parlent de démocratie, regardez l’Irak : ils ont laissé des centaines de milliers de morts, pas des urnes. »

Irak, Libye, Afghanistan : à chaque fois, la rhétorique de la « libération » et de la « démocratie » a servi de paravent à des interventions militaires aux conséquences humaines et politiques désastreuses. Ces faits sont documentés par les Nations unies, par des ONG internationales comme Amnesty International ou Human Rights Watch, et par de nombreux travaux universitaires. Ils ne relèvent pas de l’idéologie, mais du constat.

« On ne libère jamais un peuple en lui mettant la botte de fer de l’impérialisme sur les épaules, » explique Alban Desoutter. Au-delà de la figure de Maduro, il recentre le débat sur la souveraineté populaire. « Si Maduro doit partir, ce doit être la décision du peuple vénézuélien, sans pression militaire étrangère », insiste-t-il, appelant au rétablissement de la situation politique antérieure comme préalable à tout processus démocratique. Les prises de parole syndicales ont aussi renforcé cet axe pacifiste.

[VIDEO] Manifestation du 10 janvier 2025 et prises de parole :

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